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AN AMBITIOUS WOMAN A young girl decided to...

15 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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J'avais changé de "look" depuis un certain temps...

15 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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Dans la jungle de l’existence 2

15 Septembre 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 

J'avais changé de "look" depuis un certain temps ; non seulement j'avais adopté une nouvelle coiffure mais je portais également des lunettes solaires. Je savais que cela faisait classe. Les produits de beauté, le maquillage et les fards qui venaient compléter cette transformation me faisaient paraître comme une fille libérée de l'époque.
J'avais reçu une lettre de Devika qui m'avait fait beaucoup plaisir. Elle m'apprit qu'elle avait effectué un voyage agréable jusqu'à Delhi et qu'elle n'avait pas rencontré des difficultés. Le plus grand moment était quand elle rencontrait le docteur Ajay à l'aéroport. Il était venu l'accueillir personnellement, accompagné d'une ribambelle d'enfants l'offrant des fleurs. Ses enfants se portaient très bien et parlaient de moi très souvent dans leur conversation. Elle s'était rendue dans sa maison en voiture. Le peu de choses qu'elle avait vues en Inde l'avait fascinée. Elle commençait à s'adapter dans la nouvelle société où elle souhaitait passer le reste de ses jours. « C'est un pays merveilleux », écrivait-elle, « et je souhaite que tu viennes me rendre visite un jour ». Elle m'avait promis de m'écrire une longue lettre quand elle serait bien installée.
Cette lettre m'avait rassurée sur la situation de Devika. J'étais contente qu'elle se plaise dans sa nouvelle vie. Je l'écrivais quelques jours plus tard pour l'informer de mes nouvelles et pour la raconter de quelle manière je me débrouillais toute seule. Je ne cessais de la rappeler combien elle me manquait et combien j'avais hâte de la revoir.
Le soir, je me demandais ce qui me retenait vraiment à Marseille. Je voyais mille possibilités d'affronter l’avenir autrement au lieu de perdre mon temps dans cette jungle où mon existence n'avait aucun sens. L'idée de retourner à l'Île de la Réunion me revenait souvent à l'esprit et, qu’avais-je à raconter à mes parents après plusieurs d'années d'absence ? Me revoilà avec un enfant dans les bras. Tous les ragots qui allaient être dits sur mon compte suffisaient à me faire regretter d'avoir pris de telle décision. Je connaissais très bien les gens que j'avais côtoyés pendant des années pour ne pas comprendre les langages qui seraient utilisés contre moi, les regards qui me seraient lancés, la froideur avec laquelle je serais accueillie, et la manière dont je serais traitée. N'est-ce-pas suffisant pour me faire éloigner de ce monde où mon existence n'avait aucune signification? Mais quand je pensais à mon fils, à son avenir, je me sentais prète à affronter tous les obstacles qui se présentaient sur mon chemin.
©Kader Rawat
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La discrétion de la vie quotidienne à laquelle...

13 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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Dans la jungle de l’existence

13 Septembre 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 

La discrétion de la vie quotidienne à laquelle j'étais si peu habituée, me faisait avoir pour l'existence des aspirations nouvelles que je puisais dans ce mode de vie auquel je devais me plier. En tout cas attendre à l'arrêt-bus ou prendre le métro commençait à me paraître ridicule et même embarrassant. Mon refus de me jeter dans la vie mondaine était peut-être une erreur que je commettais. Je savais que je devais me confronter à tous ces menteurs, ces profiteurs, ces arnaqueurs, ces imposteurs qui étaient tous à l'affût des moindres erreurs, faux pas, que nous, innocents, pouvions commettre. Je devais de toute manière sortir pour tenter ma chance dans le grand monde. Mon fils en serait la victime si ma vie serait un échec. Je devais m’armer de patience pour supporter toutes les afflictions qui pourraient me tomber dessus s'il ne dépendait que de moi d'endurer les douleurs et les peines. Mais je ne pouvais pas voir mon fils souffrir sans que je ne sois profondément affectée. Quand il tombait malade je paniquais et même dramatisais la situation. J'étais angoissée tant que son état de santé ne s'améliorait pas. Que n'étais-je pas prête à faire pour lui?
Le salaire que je percevais me permettait à peine de mener une vie convenable. Je parvenais difficilement à économiser de l'argent pour régler les dépenses imprévues. Une fois, il m'arriva une chose effroyable. Mon fils tomba gravement malade alors que j'avais dépensé tout mon argent. J'étais impuissante devant la situation. L'idée même de mentir, de tricher, de voler ne me paraissait pas improbable. Je restais inerte devant le berceau à verser abondamment de larmes parce que je ne savais pas comment m'y prendre pour soigner Akbar. Je décidais de vider les tiroirs, de fouiller les poches des vêtements sales, de chercher dans le fond de l'armoire pour trouver de l'argent mais c'était en vain. J'avais des bijoux. Je n'avais pas hésité à les mettre en gage pour qu’Akbar consulte un médecin et pour acheter des médicaments.
Tôt le matin, alors que je me dirigeais vers l'arrêt bus, un automobiliste bien galant me proposa de me déposer devant mon lieu de travail. Je n'avais jamais accepté l'idée de me voir entrer dans la voiture des gens que je ne connaissais pas. J'étais indifférente aux voitures qui ralentissaient ou aux automobilistes qui voulaient m'adresser la parole. J'avais toute raison de me montrer méfiante. Les pages des journaux m'apprenaient tous les jours sur les causes des viols, des attentats à la pudeur, des actes d'agressions, des meurtres. Chaque individu me paraissait louche, bizarre, paranoïaque, obsédé sexuel, débile mental. La méfiance que j'éprouvais envers les hommes remontait au temps où j'étais à l'école. Je craignais davantage les hommes quand je me voyais enclin à les affronter.
L'influence de la société dans laquelle je vivais était plus forte que ma volonté de préserver des vieux principes de jeunesse bien démodés. Depuis un certain temps, je ne cessais à tout moment du jour et de la nuit de faire des rêves de fortune et de m'imaginer en train de vivre une vie de splendeur et de faste. Je commençais à apercevoir que le salaire que je touchais n'était pas suffisant pour me permettre de vivre convenablement. Or, après avoir fait le compte de ce qu'il me fallait pour améliorer ma condition de vie, j'étais parvenue à la conclusion que je devais multiplier mon salaire par quatre pour pouvoir vivre comme je l'imaginais. Mais quel emploi me permettrait de percevoir une telle somme? Je faisais partie de ces employés modestes qui n'avaient ni diplôme ni expérience ni recommandation. Le plafond de mon salaire était si bas que mes grandes ambitions et mes rêves s'évanouissaient à jamais. Je n'avais aucun espoir de voir ma situation s'améliorer dans mes activités professionnelles. Je ne comptais pas rester sans rien faire. J'avais trop de projets pour me laisser surpasser par la vie. Quand je me décidais de me battre, c'était devant le vaste monde que je me trouvais et toute seule. Les pires ennemis étaient les hommes, responsables de mes malheurs et vers lesquels je commençais à tourner mon regard. Je pensais que ce n'était qu'en me confrontant à eux que je parviendrais à les vaincre. Sinon je serais une vaincue. Je ne voulais pas essuyer un échec. J'étais prête à fournir de grands efforts pour survivre. J'avais laissé derrière moi famille, fortune, bonheur pour m'embarquer dans ces aventures à cause d'un homme. Que s'était-il passé au sein de ma famille quand ma disparition fut constatée? Combien mes parents avaient dû souffrir en découvrant qu'ils m'avaient perdue à jamais. Qui était responsable de tels châtiments, de tels supplices, si ce n'était pas l'homme qui n'est pas différent des autres? Comment faire pour survivre, surmonter cet obstacle, franchir cette barrière?
©Kader Rawat
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Mon congé de maternité arrivait à son terme....

9 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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Devika, la mauricienne 3

9 Septembre 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 

Mon congé de maternité arrivait à son terme. Akbar commençait à s'adapter au rythme de la vie quotidienne que je menais. J’engageais une nounou pour s’occuper de lui pendant mon absence. Il se montrait sage dans la journée de manière que la nounou n'éprouvait aucun problème. Cela me permettait de me reposer aussi. Je descendais parfois en ville pour faire des courses et me permettais de m'absenter de la maison sans me faire du souci. Devika devait récupérer des pièces administratives à Londres. Elle décida de s'y rendre avec les enfants. J'étais inquiète quand elle était partie. Elle était retenue pour compléter d'autres démarches administratives. Elle me téléphona pour me raconter que le docteur Ajay la cherchait et qu'il avait laissé des messages au concierge de l'immeuble dans lequel elle habitait. Le concierge lui remit une lettre qui datait une année auparavant dans laquelle il la dévoilait ses désirs de pouvoir partager son existence avec elle. Il ne cessait de penser à elle et aux enfants. Il souhaitait tellement les avoir auprès de lui. Il les avait cherchés pendant des semaines. Il les attendait à tout moment. Elle dut s'adresser à un notaire qui l'informa que le docteur Ajay Chowdurry avait mis à sa disposition une maison à New-Delhi, en indiquant l’adresse précise. Si Devika acceptait, le notaire ferait le nécessaire pour les passeports, les visas et les billets de passage.
Devika retournait au bout de deux semaines époustoufflantes. Elle voulait avoir mon avis. Je ne pouvais pas faire mieux que de l'encourager à aller rejoindre le docteur Ajay en Inde. Elle devait saisir sa chance. L'avenir de ses enfants en dépendait beaucoup. Elle avait pendant longtemps pataugé dans la misère pour ne pas éprouver de la joie de voir de belles perspectives s'ouvrir devant elle. Combien ne remerciait-elle pas le Seigneur d'avoir entendu ses prières. Elle avait des idées confuses et ne savait comment démontrer son enthousiasme.
L'ombre de la tristesse s'était emparée de moi quand je constatai que j'allais perdre une amie. Devika se dirigeait vers le bonheur auquel tout le monde aspire. J'étais heureuse de constater que sa vie s'arrangeait de cette manière. Mes bénédictions les accompagnaient partout. A qui allais-je confier mes peines et qui allait m'écouter et me consoler ? Mais si le destin avait voulu nous séparer de cette manière après que nous ayons trouvé dans la douceur de l'amitié tous les bonheurs qui nous avaient accompagnés dans notre vie solitaire, nous étions obligés de l'accepter sans rechigner. Nous n’avions aucun regret pour ces moments inoubliables que nous avions passés ensemble et dont nous gardions de merveilleux souvenirs. Je me réconfortai en énumérant les raisons plausibles qui poussaient les gens étroitement liés à se séparer. Je parvenais à atténuer mes peines en imaginant Devika dans son bien-être, entourée de sa petite famille, à savourer le confort que sa nouvelle vie allait lui procurer. Ce tableau me revenait si souvent à la mémoire que je ne pouvais ne pas le raconter à Devika. Elle éprouvait les mêmes peines à se séparer de moi. Mais elle ne me cachait pas ses joies d'aller à la rencontre de l’homme qu'elle n'avait jamais cessé d'aimer. Je cherchais donc à partager avec elle ce bonheur auquel elle aspirait tant.
J'étais allée la déposer à la gare un l'après-midi et, après que nous ayons fait nos adieux sans nous empêcher de verser abondamment de larmes, nous nous séparâmes le cœur gros et la gorge serrée. Tandis que le train emportait la seule amie qui comptait beaucoup pour moi, j'aperçus se refermer cet épisode de ma vie avec la plus grande tristesse. Mon fils me permettait de remonter ce handicap par toutes les distractions que je trouvais en sa compagnie.
©Kader Rawat
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Devika logea pendant quelques jours dans un petit...

8 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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Devika, la mauricienne 2

8 Septembre 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 

Devika logea pendant quelques jours dans un petit studio. Elle trouva de l'emploi chez un dentiste. Ses deux années de cours de médecine lui avaient donné suffisamment d'expérience pour lui permettre de percevoir un salaire confortable. Elle habitait déjà depuis quelques mois dans l'immeuble des Immigrés quand je débarquai. Ses enfants étaient très sages et bien élevés. Ils m'appelaient tante et venaient souvent me voir pour prendre de mes nouvelles. Quand je me rendais chez Devika je les trouvais toujours plongés dans leurs études. Le fils s'appelait Raj et la fille Nargis.
Devika m'inspirait une confiance absolue. Elle me paraissait si sincère, si franche, si honnête que je n'avais pu m'empêcher de la mettre au courant de ma situation et de raconter ma vie dans les détails. Après le dîner, quand les enfants étaient couchés, Devika venait me voir dans ma chambre pour parler des choses de la vie jusqu'à fort tard le soir. Parfois je me rendais chez elle pour causer jusqu’à fort tard sans que nous ne nous lassions jamais. Nous partagions nos confidences, évoquions nos souvenirs, parlions de nos griefs, des déceptions que nous avions essuyées, des bonheurs que nous avions connus pour éprouver ensuite un grand soulagement.
Nos voisins étaient des gens respectueux et tranquilles. Je me plaisais parmi ce petit monde qui représentait pour moi une grande famille à laquelle je tenais énormément. Mes visites chez le gynécologue me rassuraient de la grossesse parfaite que je faisais. Mon ventre était énorme au moment où j'approchais les dernières semaines. J'effectuais en compagnie de Devika de longues marches dans le quartier. Cela me donnait l'occasion de visiter certains recoins attrayants de la région. Nous profitions des dimanches pour emmener les enfants se promener au bord de la mer, dans des parcs ou des foires animées par les gens du quartier.
Devika qui n'était pas habituée à sortir prenait énormément de plaisir à faire ces randonnées. J'avais l'impression de l’avoir redonné du goût à l'existence. Je dois toutefois avouer qu'elle était une femme très brave pour affronter la vie toute seule. Il est arrivé un temps où les femmes ne voulaient plus être dominées par les hommes. La preuve en est que les femmes également parviennent à assumer des responsabilités sans avoir besoin de l'aide de personne. L'émancipation de la femme modifie le rapport qui unit l'homme à la femme. Il est toutefois indéniable que des inégalités existent encore dans l'attribution des postes et des salaires. Mais la force de chose ne tarderait pas à remédier des situations comme telles. La femme ne représente qu'un objet de plaisir sur lequel les hommes imaginent pouvoir défouler leur débilité. Les violences qu'on entend tous les jours ne se font que par la main et l'esprit de l'homme. Les viols, les crimes, la guerre ne sont que l'acte de l'homme.
La femme a toujours été la première victime. L'homme est né égoïste et veut tout avoir à lui tout seul. Le partage n'est pas son fort. La femme est désignée à procréer et à peupler le monde. Elle conçoit dans le calme et délivre dans la douleur. Les hommes ne savent rien, ne sentent rien. Ils se croient pourtant forts.
Un samedi après-midi je me trouvais au centre-ville en compagnie de Devika. Je profitais de la demi-journée pour faire des emplettes et pour acheter des layettes. Nous nous attardions souvent dans des grandes surfaces et des arcades. Devika me conseillait sur ce que je devais m'acheter avant mon accouchement.
Un matin je me réveillai avec des douleurs atroces. Devika me fit transporter à l'hôpital où je mis au monde un beau bébé que je nommai Abkar et qui signifie "grand". Cet enfant fut toute ma joie, tout mon bonheur, toute ma raison d'être. Je me sentais fière de l'avoir conçu et l'avoir eu au terme de grands sacrifices et de grands efforts. Quelques jours plus tard, à ma sortie de l'hôpital, j'avais le cœur serré en le trouvant déjà privé de son père.
Devika m'avouait qu'elle vivait une existence contraire à ce qu'elle souhaitait. Elle ne pouvait pas satisfaire ses aspirations dans un monde qui la déçoit et lui fait subir les épreuves les plus dures. Notre vie, elle et moi, n'était qu'une copie conforme qui avait tendance à nous rapprocher et à nous unir dans nos liens d'amitiés. Je profitais quelque peu de ce rapprochement pour parler un soir à Devika de mon désir d'habiter une grande maison à la campagne mais quand elle imaginait les charges à supporter et les risques à courir à rester toute seule elle avait préféré ne jamais y penser. Mais l'idée ne lui déplut pas d'habiter à deux une grande maison.
Devika m'invitait souvent chez elle pour boire une tasse de thé le soir. Nous nous installions dans le salon pendant que les enfants jouaient dans la chambre à côté et qu’Akbar dormait dans mes bras. Notre conversation se portait souvent sur nos menus problèmes.
©Kader Rawat
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