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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 21

25 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

Avant d’obtenir mon résultat de la School Certificate, j’avais payé, par précaution, l'inscription pour l’examen de General Certificate of Education qui devait avoir lieu au mois de juin 1970. Comme mon résultat était bon, je n’avais pas voulu me forcer dans mes études pour aborder cet examen.

J’avais quand même obtenu un résultat fort intéressant avec grade A en Dessin et Français, grade C en Histoire et E en Mathématiques. Un grade 2 en School Certificate et 4 sujets de G.C.E. valaient tout de même quelque chose à l’époque dont je parle et je croyais donc avoir mes chances dans l’avenir.

Un travail convenable ne se trouve généralement pas vite. Dorénavant, j’adressais mes demandes d’emploi à la Public Service Commission à chaque fois qu’une annonce paraissait dans le journal.

Je complétais les dossiers, passais des interviews sans qu’aucune bonne nouvelle ne me parvienne. Je n’imaginais pas que pour obtenir un emploi, il faille attendre si longtemps !

Mes parents me conseillaient d’aller voir des personnalités hauts placées qui pourraient  m’obtenir une recommandation afin d’avoir un bon poste dans les meilleurs délais. J’avais en horreur ce genre de pratique et je préférais demeurer chômeur qu’aller cogner à la porte des gens pour obtenir des faveurs. Pourtant, c’était une chose tout à fait courante à l’époque. Le favoritisme était une maladie contagieuse et bon nombre de personnes avaient recours à ces passe-droits ! J’estime que chacun devait avoir sa chance de réussir et d’obtenir ce qu’il mérite selon ses désirs. N’avoir pas fait grand chose pour réussir et se voir récompenser par l’influence et le pouvoir d’un tiers n’était pas vraiment juste et équitable.

L’essence de mes succès qui, au début, me permettait d’élaborer de grands projets s’évanouissait, se heurtait contre les obstacles, ajoutant d’un jour à l’autre plus de déception que la veille.

Malgré l’estime de bien des parents qui entrevoyaient, au travers de ma réussite, de bons augures et qui m’encourageaient et d’autre part, l’estime de mes amis qui s’étonnaient de cette performance inattendue, je n’étais pas satisfait de moi. De là me vint la résolution qu’il me fallait continuer mes études plus loin encore même s’il fallait consentir plus de sacrifices. J’avais abandonné l’idée de quitter mon Île pour l’amour que j’éprouvais pour ma cousine.

Un évènement d’une relative importance mérite d’être cité ici : j’appris, à tout hasard,  que des parents se préparaient à demander la main de ma cousine pour un cousin. Cela me rendit triste et je restai sonné, emmuré dans mon silence, je suivais l’évolution de la situation dans une immense désolation sans toutefois me permettre une seule fois d’intervenir.

Voulait-on mettre notre amour à l’épreuve ? Tout le monde savait que nous nous aimions.

Ma vie sentimentale était toujours perturbée par les mauvais tours que certaines personnes prenaient autant de plaisir à nous jouer pour entraver notre relation.

Je gardais mon calme en laissant faire le temps.

Les moments de joie et de tristesse se succédaient.

Quelques jours avant la fin de l’année, je me rendis dans plusieurs collèges, muni de mes certificats, pour déposer une demande d’emploi. Je me souviens très bien être allé au College N. de Plaine des Papayes et d’avoir rencontré le Directeur de l’établissement qui m’avait accueilli avec beaucoup de considération et quand je l’eus mis au courant des motifs de ma visite, il me fit comprendre de faire ma demande par écrit.

Le problème devait être vite résolu. Je lui demandai l’autorisation de rester quelques minutes dans son bureau et, après m’être procuré du papier et de quoi écrire, je rédigeai sur place ma lettre de demande d’emploi. Cette demande était enfin la bonne car, dès le mois de Février de l’année suivante, ce devait être 1971, je reçus une lettre de cet établissement m’invitant à me présenter dans les meilleurs délais.

Je pris mes fonctions un Vendredi après-midi.  Le Directeur me demanda si je consentais à prendre le poste de professeur de Mathématiques et de Dessin, et me présenta à mes élèves.

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 20...

23 Février 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 20

23 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 
Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

Cependant, l’amour que j’éprouvais pour elle m’incitait à agir avec prudence.

J’étais déjà dans ma vingtième année et accusais des retards considérables qu’il me fallait combler dans un temps limité.

Entretemps, mon père affrontait un moment  difficile de sa vie. La rentabilité de sa boutique chutait très fort, venant menacer de faillite son commerce d’alimentation.

La boutique se vidait de manière catastrophique: les balles de riz, de la farine, le sucre, les grains disparaissaient du stock. Les barils d’huile, de pétrole, les conserves sur les étagères, les divers articles dans les vitrines diminuaient à vue d’œil, annonçant la fermeture de son outil de travail !

Mon père avait connu de périodes florissantes, mais maintenant, le mauvais sort s’abattait sur lui. 

La raison de cette crise ne s’explique que par le fait que les dépenses liées à l’entretien de notre  famille dépassaient les bénéfices que lui rapportait son commerce.

Notre famille était une famille nombreuse et je me souviens du temps où nous vivions dans le faste, la plénitude, une vie qui s’évanouissait comme un rêve perdu.

Il y eut dans notre village beaucoup de transformations.

Rester solidaires entre gens de notre communauté faisait partie du caractère naturel des habitants de mon Île. Nous avons toujours appris à réunir nos forces en nous regroupant.

La politique aussi bien que la religion influençaient l’esprit du peuple. Le sentiment communaliste est enraciné dans le cœur de tout un chacun et ne se révèle que dans de rares occasions.

Que ce soit au niveau politique, ethnique ou religieux, il est difficile d’ébranler l’esprit du peuple dans lequel fut inculquée l’unique façon dont ils étaient liés, attachés. 

C’était le sentiment profond de cette espèce qui attribuait aux personnes leurs valeurs réelles. Isolé chacun dans sa communauté par des penchants fidèles et sincères, la nation mauricienne cohabitait avec bonheur, sérénité et paix.

Des maisons en paille qui se trouvaient en bordure des sentiers ou dans les profondeurs des champs disparurent et furent remplacées par des bâtiments en dur.

C’étaient les premiers signes du progrès et de la prospérité. La majorité des habitants de ces villages étaient des prolétaires qui dépendaient de leur maigre salaire hebdomadaire pour subsister. Des familles toutes entières s’entraidaient pour l’achat de parcelles de terres et même pour bâtir de leurs mains leurs propres habitations. Le peuple avait une volonté ferme d’avancement, de progrès.

Alors que j’assistais avec désolation à l’effondrement du commerce de mon père, je me vengeais de cette malédiction sur ma famille par une rage de travailler dur et un accroissement de mes heures d’études, à l’approche de l’examen.

Heureusement, nous n’étions pas perdus car ma mère avait des ressources provenant de l’héritage de son père et, jusqu’à ce que son mari rétablisse sa situation, ils durent puiser dans leurs économies et furent dans l’obligation de modérer leurs dépenses.

J’arrivais à la période la plus importante de ma vie scolaire.

Je me voyais face à un dilemme que je n’étais pas seul à affronter.

A peine avais-je franchi l’étape de l’examen que je découvrais l’énorme tâche que l’avenir m’invitait à accomplir.

Mon père se débattait comme il le pouvait dans le labyrinthe de ses problèmes. Sa situation me faisait comprendre que je ne pouvais rien attendre de lui et qu’il faudrait que, de mon côté, je me débrouille seul.

J’attendais le résultat de mon examen; le temps s’écoulait lentement et il fallait que je me armais de patience.

Ma tante de la Réunion qui était en vacances chez nous me proposa de l'accompagner dans son Île pour me permettre de me reposer. J’étais très inquiet et paraissais très fatigué. C’était tout naturel, après de telles périodes, que des altérations surviennent dans nos sentiments et notre physionomie.

Malgré mes tourments et mes craintes, j’éprouvais une joie ineffable d’aller retrouver ma cousine à la Réunion.

Ce voyage décidé à l’improviste, je n’eus pas l’occasion de la surprendre en débarquant à l’aérogare de Gillot sans qu’elle s’y attende.

Je passai d’agréables moments avec ma cousine quand je reçus un courrier de mon père m’apprenant ma réussite à l’examen !

J’exultais de joie. Je me hâtai de rentrer à la maison pour préparer mon avenir.

J’occupais mes heures creuses en composant des pages que je trouvais superbes à destination de l’élue de mon cœur à laquelle je vouais un amour brûlant et sincère

 Je parlais longuement dans mes lettres des tourments et de la passion qui s’étaient installés dans mon cœur, de la souffrance que la séparation imposait et de la peur de la perdre à jamais. Je  noyais mes pensées tristes dans des lectures interminables. Ma seule consolation était l’arrivée de la lettre tant attendue, que je lisais tant de fois que je la connaissais par cœur !

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 19...

22 Février 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 19

22 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

Les journaux publiaient des annonces des cours par correspondance et mon père attira mon attention sur leurs intérêts; leurs avantages étaient multiples; ils étaient moins onéreux que les leçons particulières et me permettraient d’en programmer mes journées d'études moi-même. Je recevrais les cours d’une année entière et il m’était loisible d’échelonner l’étude à mon rythme. Je pourrais ainsi m’organiser au mieux. 

Les démarches effectuées auprès des instituts anglais furent menées diligemment et un mois plus tard, tous mes cours d’histoire, de dessin, de mathématiques, de littérature anglaise étaient sur mon bureau.

Je me procurai également à la librairie Nalanda de Port-Louis quelques 'Minerva Guide' qui me servaient de supports pour les dissertations, particulièrement dans la littérature anglaise qui nécessite une étude profonde des textes en prose et en vers.

Great Expectations de Charles Dickens était justement au programme.

Great Expectations était très volumineux et je me demandais si je réussirais à le terminer à temps. Pourtant, il n’y avait pas autre chose à faire que lire et comprendre. La lecture était déjà une passion pour moi et je savais que le problème n’existerait pas si j’y consacrais suffisamment de temps pour ce sujet passionnant et important, sentiments renforcés par le fait que je voyais mes efforts récompensés par des progrès considérables dans la langue anglaise.

L’autre texte était Julius Caesar de Shakespeare que j’avais étudié l’année précédente.

Je n’avais nulle intention d’échouer.

J’avais une confiance absolue en ma capacité d'organiser chaque jour ma journée de travail, d’abord par une prise en compte de la totalité du travail à répartir sur le temps disponible, ensuite en déterminant des horaires stricts qui ne souffraient aucun retard et qui tenait compte des volumes de chaque matière.

Le matin, vers six heures, juste après le petit déjeuner, je consacrais une heure pour l’histoire et trois heures pour les mathématiques. L’après-midi, à 13 heures, je reprenais l’anglais, le français et la littérature à raison d’une heure quinze minutes pour chacun des sujets. De dix sept heures à vingt heures, temps libre; je renouais avec mon milieu familial et mes amis. Enfin, avant de me coucher, je lisais d’abord Religious Knowledge, ensuite d’autres livres de littérature générale jusqu’à ce que le sommeil me prenne. Le samedi était réservé au dessin, dans l’après-midi, à raison de quatre heures d'affilées. Le dimanche était mon jour de repos et, dès neuf heures, je rencontrais mes amis et, en se promenant le long de la route, nous bavardions et organisions notre emploi du temps de l’après-midi.

Quand je remémore maintenant les longues heures de travail passées dans mes études, je peux assurer que les sacrifices consentis pendant cette période ont certes été les plus importants de mon existence.

La volonté tenace avec laquelle je m’acharnais dans ce travail long et difficile, et l’ambition que je gardais au fond de moi, de réussir, me tenaillaient et me procuraient une énergie, une force, une résistance que je ne soupçonnais pas.

Je n’avais pas encore imaginé de quoi serait fait mon avenir, sinon que cet avenir ne pourrait pas se passer ici, dans cette Île, car même titulaire de très hauts diplômes, d’excellents certificats, pas de perspectives intéressantes sur mon ile.

Beaucoup d’étudiants partaient poursuivre leurs études à l'étranger, afin d’être admis au poste d'aide infirmier ou autres métiers en Angleterre ou ailleurs. C’était le moyen le plus courant en ce temps là, pour nous les jeunes, de voir s’ouvrir d’autres horizons, d’autres espérances, une autre vie qui, à nos regards, nous semblaient légitimes d’aspirer.

Je ne différais pas des autres de mon âge et cette façon d’envisager mon futur me semblait de plus rassurant.

Cependant, il fallait quitter son Île natale, s’arracher à sa famille, affronter une vie nouvelle dans des régions lointaines, vivre avec d’autres repères sociaux, affectifs et bien d’autres facteurs inconnus encore mais qui nous préoccupaient malgré tout.

J’avais déjà postulé auprès de différents hôpitaux anglais pour obtenir un poste d'infirmier. J’avais aussi une possibilité de partir au Canada, mais cela me paraissait si loin et me faisait réfléchir !

Je tenais au courant de toutes mes démarches ma chère cousine à laquelle j’étais maintenant lié par des promesses amoureuses mais elle semblait craindre de me perdre définitivement si mon intention était vraiment de quitter le pays.

Pourquoi ne pas choisir la France ? m’écrivait-elle, où j’aurai la chance de pouvoir venir te rejoindre, qui sait, si moi aussi je devrais poursuivre mes études supérieures ? 

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 18...

21 Février 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 18

21 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 
Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

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Je rencontrais régulièrement les après-midis mes amis auxquels je parlais de mes préoccupations, de mes sentiments envers ma cousine, et de l’amour que je ressentais pour elle.

Je consacrais beaucoup de temps à écrire de longues lettres d’amour à celle qui occupait toutes mes pensées et que j’avais rencontrée à nouveau lors d’un séjour d’un mois qu’elle fit à sa sœur à Port-Louis. Je lui confiais mes réflexions sur ce monde, mes aspirations, mes objectifs, mes activités. Je remplissais sans peine de nombreuses pages blanches des idées qui me sortaient machinalement de la tête, inspirées de l’amour que je vouais pour elle.

Cette constante alimentation de mon esprit par des lectures assidues éveillait en moi de mystérieux pressentiments. Ma curiosité me poussait à rechercher bien souvent dans le fond des choses les raisons des dysfonctionnements, m’incitait  à analyser les faits qui représentaient une signification dans mon existence.

Mes jugements, face à d’innombrables situations singulières, m’ont permis d’acquérir une certaine expérience qui allait me servir plus tard, quand je me trouverais seul à affronter ce monde et tous ses déboires.

Je me voyais enlisé au sein de la société au moment où j’étais responsable de mes actes, m’attirant des regards réprobateurs qui semblaient m’accuser des torts que j’étais supposé en train de faire.

Je sentais déjà que je m’éloignais de l’adolescence et commençais à devenir un homme qui devait assumer ses responsabilités, qui avait des comptes à rendre non plus à ses parents mais à la société, qui se sentait très concerné par ses moindres mouvements.

Je devais me montrer bien habile afin d’éviter de froisser les personnes de mon entourage. La prudence était devenue ma principale obsession, afin de me frayer un chemin sans heurter personne dans mon environnement.

Peut-on plaire à tout le monde à la fois si on veut vivre sa vie selon ses désirs ? Non, l’être humain est trop faible pour trouver d’équité dans les sentiments. C’est un aspect qui ne changera jamais.

Je n’avais pas reçu de très bons résultats la première fois que je passais la School Certificate. Mon collège ne m’avait pas sélectionné pour cet examen parce que mon niveau était trop bas et que je n’étais pas prêt.

Cependant je possédais le Qualifying Test, Certificat que j’avais obtenu et qui m’autorisait à prendre part à l’examen en tant que candidat privé. Je persuadais mon père de me laisser m'inscrire pour l’examen. J’avais repéré dans le journal l’annonce qui invitait les candidats intéressés à se présenter au Ministère de l’Education pour l’inscription.

L’examen aurait lieu quelques mois plus tard, ce qui me laissait assez de temps pour me préparer pour l’aborder avec un maximum de chances de réussir. Je me fiais beaucoup à tout ce qui m’avait été enseigné au collège. Je savais qu'il me faillait faire plus. J'avais besoin de prendre de leçons particulières dans certaines matières pour me sentir en sécurité au niveau de la réussite finale.

J’apprenais comme je pouvais, sans trop me forcer pour obtenir un résultat qui me faisait beaucoup réfléchir et qui m’aidait, en même temps, à choisir les sujets que je maîtrisais le mieux et que je jugeais être capable d’étudier  tout seul. J’avais déjà lancé un défi à la vie en voulant  poursuivre mes études à la campagne. Le moment crucial était venu de relever ce défi !

Je ne voulais plus fréquenter le collège bien qu’à cette décision mon père s’imagina que je ne voulais plus poursuivre mes études ! Il se mit alors à m’encourager et à me faire la morale.

Je le rassurai bien vite en lui disant le plus sincèrement possible que je n’avais jamais aussi intensément ressenti le désir de réussir, à ce moment où je venais de connaître un échec.

J’avais la certitude de pouvoir très bien me débrouiller seul, si je m’organisais et me montrais consciencieux dans mon travail.

Je sélectionnais très soigneusement les sept matières susceptibles à me donner les meilleures chances de réussite.

Ces sujets étaient : l’Anglais, le Français, les Mathématiques, l’Histoire, la Littérature anglaise, le Dessin et la Connaissance Réligieuse.

Pour réussir, il me faudrait avoir la moyenne dans au moins six sujets, l’anglais inclu. Si l'on a réussi dans toutes les matières et que l'on a failli en anglais, cela veut dire qu'on n'a pas réussi son examen. C'était le réglement.

Je courais donc un gros risque si je me préparais mal dans cette branche. Je manquais trop de confiance en moi pour aborder seul cette matière, il me faudrait un professeur.

J’en parlais à mon père qui était de même avis et je trouvais rapidement la personne à Port-Louis, par l’intermédiaire d’un camarade. Des cours par correspondance en provenance de divers instituts anglais étaient aussi pratiques que courants à cette époque.

En tous les cas, bien avant mon examen, j’étais muni des éléments nécessaires pour l’aborder, et si cette fois j’échouais, hypothèse qui ne devait pas être écartée, je demeurais le seul à en supporter les conséquences.

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 17 ...

20 Février 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 17

20 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

« Ce qui nous différencie des autres créatures c’est cette mémoire que nous possédons et que nous pouvons transmettre aux générations futures. »

 

 

D’une hauteur d'un mètre quatre-vingts, cette étagère ne contenait pas plus d’une trentaine de livres de format poche, la plupart en anglais et uniquement de littérature générale, sauf un vieux volume de 'Le cabaret de la belle femme' de Roland Dorgelès réclamé par ma cousine et que j’avais récupéré dans le fond d’une boîte. J’avais donc acquis par chance ce livre qui avait apparemment été oublié par un ancien locataire de la chambre voisine, fermée en ce temps-là.

Quand je descendais à Port-Louis, je me rendais à chaque fois à la Librairie Nationale, endroit où je passais de longues heures à découvrir des livres d’occasions dont les prix ne dépassaient pas les cinq roupies. Les auteurs français ne m’étant pas connus, je décidai de prendre des livres français en bon état et volumineux. Je rentrais chaque fois à la maison avec un paquet de plusieurs livres que je rangeais précieusement dans ma bibliothèque. J’achetais aussi des livres anglais qui vinrent grossir ma petite collection. Je m’installais la plupart du temps sur mon lit pour feuilleter les livres les uns après les autres sans ressentir aucun plaisir, aucune envie de lire.

 Quand je pense à cela aujourd’hui, je regrette de m’être montré bien difficile dans le choix de mes lectures. Est-ce que  mon  penchant pour un langage fleuri me poussait à rechercher un certain type particulier de littérature ? Je recherchais dans un passage plus l’expression, le style que les idées. J’avais déjà entendu parler de Charles Dickens par les enseignants du collège et je savais aussi que ses livres étaient étudiés dans les classes supérieures, la School Certificate ou même le General Certificate of Education.

Je voulais obtenir un de ses livres en version française, mais aucun de mes amis n’en possédaient. Je me réjouissais de lire 'Le Petit Chose' d’Alphonse Daudet, un vieux livre sans couverture que j’avais trouvé au hasard au fond d’une étagère de la Librairie Nationale. Je pris la résolution de m’abonner à la Bibliothèque Municipale de Port-Louis, et me trouvais devant un trésor de livres. L’abonnement donnait droit à deux livres. Je réussis à obtenir un gros volume de « David Coperfield » de Charles Dickens.

Le soir, à la lueur d’une bougie, je passais de longues heures à suivre les aventures de David. Je lisais jusqu’à fort tard sans me soucier de l’heure et sans aucune fatigue.

Je dévorai ensuite de très beaux livres que je découvris à force de chercher, de fouiller, de choisir. Commençant par Georges Sand, Guy de Maupassant, Henri Bordeau, Albert Camus, Alexandre Dumas, Jules Verne, je continuai avec Marcel Proust, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, Gustave Flaubert, François René de Chateaubriand, Emile Zola, Jean-Jacques Rousseau, Voltaire,  Restif de la Bretonne, Jules Michelet, Stendhal, Prosper Mérimée. J’avoue n’avoir pas lu tous leurs ouvrages, mais j’étais déjà content de connaître les noms de ces écrivains célèbres, et bien d’autres que je ne mentionne pas ici pour ne pas allonger la liste, mais qui m’ont procuré énormément de plaisir.

L’étude de la littérature anglaise au collège m’a fait découvrir les noms des grands écrivains anglais et américains tel que les sœurs Brontë, Robert Louis Stevenson, Thomas Hardy, Jane Austen, Henry Fielding, Joseph Conrad, Henry James, D.H. Laurence, Laurence Durell, Graham Greene, George Elliot, Elizabeth Gaskell, Archibald Joseph Cronin, Margaret Mitchell, Ernest Hemingway, William Faulkner pour ne citer que cela.

J’avais lu L’amant de Lady Chatterley de D.H. Laurence avec beaucoup de plaisir. C’était le premier livre que je lisais et qui décrivait l’érotisme frisant la pornographie que ma jeunesse m’incitait à découvrir. Avec mon ami Roy, nous avions à ce moment là des conversations animées dans lesquelles étaient évoqués les problèmes de censure, de polémique qu’avaient rencontré plusieurs auteurs supposés avoir porté atteinte aux mœurs de leur pays. Les sujets abordant l’adultère, l’érotisme, l’inceste et autres immoralités soulevaient l’indignation et un procès fut intenté au célèbre écrivain Gustave Flaubert pour son livre Madame Bovary.

Combien de livres interdits ne purent alors trouver d’éditeurs et furent publiés à compte d’auteur pour être vendus clandestinement ? Le Marquis de Sade est, par ses ouvrages érotiques, un des plus connus.

Mon ami me demanda si j’avais déjà lu « Kamasoutra » et « Le jardin parfumé ». Il me procura ces livres pour une semaine, et je les avais dévorés. Je consacrai également beaucoup de temps pour améliorer ma connaissance de la littérature générale et plus tard, j’aborderai aussi la littérature russe et allemande dont des auteurs tels que Tolstoï, Dostoïevski, Tchekhov, Goethe, Elias Canetti, E.M. Remarque, et Thomas Mann, m’ont fait connaître des ouvrages forts intéressants. Je passais mon temps dans mes études que je n’avais nulle intention d’abandonner et auxquelles je m’accrochais solidement.

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CONFIDENCES 1

19 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

C’est l’heure de s’arrêter un moment, si l’on prend encore quelque intérêt à soi-même, ou, si un autre en prend encore à vous, de jeter quelques regards en arrière et de ressaisir, à travers les ombres qui commencent déjà à s’étendre et à vous les disputer, les sites, les heures, les personnes, les douces mémoires que le soir efface et qu’on voudrait faire revivre à jamais dans le cœur d’un autre, comme elles vivent à jamais dans votre propre cœur.                                            LAMARTINE

 

CONFIDENCES 1

 

Imaginez ce que le coeur ressent, ce que l'esprit dicte dans une relation de couple.

 

Je pense que tu as tort de porter de tels jugements envers moi. J’en suis certain que je ne le mérite pas. Tu me reproches de ne pas te dire tout ce que je pense de toi et de notre vie. Comment peux-tu dire une chose pareille ? Il n’y existe pas autre chose qui m’intéresse au monde que toi. Je me suis toujours fait des soucis pour toi, pour ton bien être, pour ta santé et pour tout ce qui a rapport à toi. Je me connais moi-même assez bien pour te le dire avec franchise, sans aucune hypocrisie. Les vrais sentiments, tu sais, ne peuvent se découvrir qu’après des rudes épreuves. Il n’est jamais toujours facile de pouvoir comprendre quelqu’un même si on a vécu avec lui pendant des années. Les sentiments qui se déploient tout au long de l’existence apportent parfois la fraicheur, l’espoir, la joie et parfois des doutes, des incertitudes, des tristesses et même du désespoir. Les jugements que nous ne pouvons que formuler à tort et à travers sur le comportement de son conjoint sans aucune preuve valable ne pourront qu’apporter à une vie des nuages qui ne se dissiperont peut être jamais jusqu’en provoquer toute une tempête qui peut causer tant de dégâts dans l’intérieur de ce petit cœur fragile qu’un tout petit rien du tout accélère la palpitation et perturbe l’humeur pour un temps indéterminé. Tu ne pourras peut être jamais comprendre le rôle que tu joues dans ma vie. Je n’ai d’autre passion que toi et nos enfants. Les autres m’importent peu. L’important pour moi c’est que nous soyons ensemble. Le fait que nous puissions nous trouver ensemble est déjà une preuve que nous nous aimons. Je suis content que tu m’ais rassuré de la grandeur de ton amour pour moi. Penses aussi que le mien est d’une dimension dont tu ne peux imaginer l'immensité. Je te l’ai déjà dit que j’en ai de l’amour pour toi dans mon cœur suffisamment pour pouvoir t’aimer jusqu’aux mes derniers jours. Je n’ai pas de doute la dessus. Et je ne suis pas en train d’inventer. Tu ne peux imaginer tous les soucis que je me fais pour toi, pour ta santé, pour que je puisse te voir radieuse, gaie, vivante. Quels obstacles n’essayais-je pas de t’éviter pour que tu puisses avoir une vie qui te plaise, une vie que tu veux bien mener, un objet que tu voudrais avoir. Je n’ai jamais voulu te poser aucun problème pour que tu ne te prives de rien qui t’aurait fait plaisir dans la vie. D’ailleurs, quel autre plaisir penses-tu que j’en ai-moi si ce n’est pas d’essayer de me sentir confortable auprès de toi ? Il n’y existe à l’intérieur de moi-même rien qui puisse me torturer, ni suis-je en train de garder aucun mutisme comme tu le prétends dans ta lettre. Je pense que tu fais trop des idées sur ma personne. J’ai essayé de m’interroger pour voir s’il y a quelque chose qui me tourmente à l’intérieur de moi-même. Je ne trouve absolument rien. Je n’ai rien à te cacher. D’ailleurs pour quelle raison dois-je te cacher des choses que j’estime tu as droit de savoir. Tu n’as pas à t’inquiéter. Je te donne la garantie que je n’ai rien à me reprocher sur le sentiment que j’ai pour toi. La seule chose qui m’inquiète c’est ton état de santé. J’aurais aimé que tu  consultes un spécialiste pour te soigner. C’est la seule chose peut être qui me tourmente et m’inquiète. Et autre chose encore que j’aurai voulu c’est de te voir rester à la maison comme tu le désires. Je suis parfois obsédé de te voir te démener comme un diable. Tu déploies parfois des énergies qui me donnent des inquiétudes. Tu es ma seule raison de vivre. Sans toi que suis-je sur cette terre ? Personne au monde ne te ressemble. Mille vies mener sans toi ne me donneront pas la même joie qu’une seconde passée à tes côtés. Imagines toi-même ce que tu représentes pour moi dans la vie.

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