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Devika logea pendant quelques jours dans un petit...

8 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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Devika, la mauricienne 2

8 Septembre 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 

Devika logea pendant quelques jours dans un petit studio. Elle trouva de l'emploi chez un dentiste. Ses deux années de cours de médecine lui avaient donné suffisamment d'expérience pour lui permettre de percevoir un salaire confortable. Elle habitait déjà depuis quelques mois dans l'immeuble des Immigrés quand je débarquai. Ses enfants étaient très sages et bien élevés. Ils m'appelaient tante et venaient souvent me voir pour prendre de mes nouvelles. Quand je me rendais chez Devika je les trouvais toujours plongés dans leurs études. Le fils s'appelait Raj et la fille Nargis.
Devika m'inspirait une confiance absolue. Elle me paraissait si sincère, si franche, si honnête que je n'avais pu m'empêcher de la mettre au courant de ma situation et de raconter ma vie dans les détails. Après le dîner, quand les enfants étaient couchés, Devika venait me voir dans ma chambre pour parler des choses de la vie jusqu'à fort tard le soir. Parfois je me rendais chez elle pour causer jusqu’à fort tard sans que nous ne nous lassions jamais. Nous partagions nos confidences, évoquions nos souvenirs, parlions de nos griefs, des déceptions que nous avions essuyées, des bonheurs que nous avions connus pour éprouver ensuite un grand soulagement.
Nos voisins étaient des gens respectueux et tranquilles. Je me plaisais parmi ce petit monde qui représentait pour moi une grande famille à laquelle je tenais énormément. Mes visites chez le gynécologue me rassuraient de la grossesse parfaite que je faisais. Mon ventre était énorme au moment où j'approchais les dernières semaines. J'effectuais en compagnie de Devika de longues marches dans le quartier. Cela me donnait l'occasion de visiter certains recoins attrayants de la région. Nous profitions des dimanches pour emmener les enfants se promener au bord de la mer, dans des parcs ou des foires animées par les gens du quartier.
Devika qui n'était pas habituée à sortir prenait énormément de plaisir à faire ces randonnées. J'avais l'impression de l’avoir redonné du goût à l'existence. Je dois toutefois avouer qu'elle était une femme très brave pour affronter la vie toute seule. Il est arrivé un temps où les femmes ne voulaient plus être dominées par les hommes. La preuve en est que les femmes également parviennent à assumer des responsabilités sans avoir besoin de l'aide de personne. L'émancipation de la femme modifie le rapport qui unit l'homme à la femme. Il est toutefois indéniable que des inégalités existent encore dans l'attribution des postes et des salaires. Mais la force de chose ne tarderait pas à remédier des situations comme telles. La femme ne représente qu'un objet de plaisir sur lequel les hommes imaginent pouvoir défouler leur débilité. Les violences qu'on entend tous les jours ne se font que par la main et l'esprit de l'homme. Les viols, les crimes, la guerre ne sont que l'acte de l'homme.
La femme a toujours été la première victime. L'homme est né égoïste et veut tout avoir à lui tout seul. Le partage n'est pas son fort. La femme est désignée à procréer et à peupler le monde. Elle conçoit dans le calme et délivre dans la douleur. Les hommes ne savent rien, ne sentent rien. Ils se croient pourtant forts.
Un samedi après-midi je me trouvais au centre-ville en compagnie de Devika. Je profitais de la demi-journée pour faire des emplettes et pour acheter des layettes. Nous nous attardions souvent dans des grandes surfaces et des arcades. Devika me conseillait sur ce que je devais m'acheter avant mon accouchement.
Un matin je me réveillai avec des douleurs atroces. Devika me fit transporter à l'hôpital où je mis au monde un beau bébé que je nommai Abkar et qui signifie "grand". Cet enfant fut toute ma joie, tout mon bonheur, toute ma raison d'être. Je me sentais fière de l'avoir conçu et l'avoir eu au terme de grands sacrifices et de grands efforts. Quelques jours plus tard, à ma sortie de l'hôpital, j'avais le cœur serré en le trouvant déjà privé de son père.
Devika m'avouait qu'elle vivait une existence contraire à ce qu'elle souhaitait. Elle ne pouvait pas satisfaire ses aspirations dans un monde qui la déçoit et lui fait subir les épreuves les plus dures. Notre vie, elle et moi, n'était qu'une copie conforme qui avait tendance à nous rapprocher et à nous unir dans nos liens d'amitiés. Je profitais quelque peu de ce rapprochement pour parler un soir à Devika de mon désir d'habiter une grande maison à la campagne mais quand elle imaginait les charges à supporter et les risques à courir à rester toute seule elle avait préféré ne jamais y penser. Mais l'idée ne lui déplut pas d'habiter à deux une grande maison.
Devika m'invitait souvent chez elle pour boire une tasse de thé le soir. Nous nous installions dans le salon pendant que les enfants jouaient dans la chambre à côté et qu’Akbar dormait dans mes bras. Notre conversation se portait souvent sur nos menus problèmes.
©Kader Rawat
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J'étais perdue devant l'immensité de cette...

7 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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Devika, la mauricienne

7 Septembre 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 

J'étais perdue devant l'immensité de cette ville. Elle me paraissait vieille et exerçait sur moi une étrange fascination. Les aspects singuliers de la ville me donnaient la frayeur. Je me tenais debout sur le quai après avoir fait mes adieux à mon amie Florence. Je me sentais seule et n'avais aucune idée de ce que je devais faire. Je décidai de chercher une maison. Je ne connaissais pas Marseille. J’allais apprendre à la connaître.
Une vieille bâtisse située dans les écarts retenait mon attention. Une pancarte indiquant "Immeuble des Immigrés" me donna une idée du genre de personnes qui l'occupaient. Je rencontrai la concierge un samedi matin. Elle m'avait posé énormément de questions avant de se décider à me présenter au propriétaire d’un appartement situé au troisième étage. C’était une vieille dame depuis longtemps à la retraite avec qui j’avais sympathisé en très peu de temps et qui m’accepta comme son locataire.
Je fis le nécessaire pour mes meubles quelques jours plus tard et m'y installai de suite. Ma voisine était une mauricienne et s'appelait Devika. Je la rencontrai dès le lendemain de mon arrivée. Le peu de paroles que nous avions échangé m'avait persuadé que nous allions bien nous entendre dans les prochains jours. Je ne m'étais pas trompée. Devika devint bien évidemment ma meilleure amie.
Devika était une femme remarquable. Elle m'avait plu tout d'abord par sa façon très particulière de discuter avec moi en découvrant des aspects cachés de son caractère. Elle me parlait souvent de sa vie à Maurice avec ses parents. Elle était issue d’une famille nombreuse, avait connu une enfance heureuse dont le souvenir refoulait bien souvent dans sa mémoire. Elle avait pris un infini plaisir à parler de ce temps pendant que nous nous retrouvions les soirs, après le repas, dans le salon. J'appris qu'elle habitait à Quatre-Bornes et que son père était avocat. Elle avait été élevée dans une superbe maison à étage en compagnie de ses cinq frères et ses quatre sœurs. Parmi les membres de sa famille certains étaient médecins, d'autres instituteurs et avocats. Elle était destinée à réussir dans la vie. Après avoir terminé ses études au collège Queen Elizabeth, ses parents décidèrent de l'envoyer en Angleterre pour étudier la médecine.
Elle avait voyagé avec de grandes ambitions. Elle avait à peine vingt ans quand elle débuta ses études de médecine. Elle ressemblait beaucoup à ces filles indiennes que j'avais connues au lycée. Elle était belle. A l'hôpital où elle se rendait pour suivre ses cours d'anatomie, elle rencontra un jeune docteur qui se nommait Ajay et qui se montrait très intéressé à elle. Elle ne tarda pas à tomber amoureuse du séduisant docteur et à avoir avec lui de nombreuses aventures avant qu'elle n'apprenne qu'il était marié et qu'il vivait avec sa femme dans une villa à quelques kilomètres de l'hôpital. Elle était déjà enceinte et avait dû interrompre ses cours pour accoucher. Le docteur Ajay Chowdurry était originaire de l’Inde. Il avait connu en compagnie de Devika un bonheur immense. Il réussit à persuader Devika d'abandonner ses études pour élever son enfant. C'était une décision difficile à prendre. Quand elle échoua à ses examens, elle décida de consacrer son temps à s'occuper de son enfant et à attendre le docteur Ajay qu’elle voulait rendre heureux. Elle fut logée dans un modeste appartement où le docteur alla la retrouver. Elle lui donna deux enfants en tout avant que n’éclate le scandale qui allait mettre un terme à cette vie heureuse qu'elle avait commencé à mener. La femme d'Ajay était venue la trouver pour lui proférer des menaces. Comment savait-elle qu'elle habitait cet appartement ? Le docteur Ajay avait commencé à négliger sa femme et ses trois enfants depuis qu'il connaissait Devika. Il se rendait rarement à son domicile conjugal. Il n'était pas non plus en bons termes avec son épouse. Ses enfants en souffraient beaucoup. Sa femme avait été informée de sa liaison avec Devika. Elle avait fait venir son oncle de l'Inde pour mettre de l'ordre dans son ménage. Devika savait qu'elle ne pouvait pas garder Ajay pour elle. Elle n'avait pu rien faire pour empêcher le docteur de retourner en Inde. Elle se retrouva toute seule avec ses enfants. Mais le docteur Ajay lui avait laissé une importante somme d'argent pour élever les enfants. Elle ne voulait pas dépenser cet argent. Elle l'avait gardé précieusement dans une banque et s'était jurée d'en avoir recours si c'était vraiment nécessaire. Devika décida de déménager. Elle loua deux petites chambres dans le quartier pauvre de la ville. Elle avait commencé à travailler. Elle ne percevait pas beaucoup d'argent et faisait d'énormes sacrifices pour joindre les deux bouts. Elle recevait régulièrement de l’argent de ses parents de Maurice et se permettait l'achat de ce qui étaient utiles pour la maison et des vêtements pour ses enfants. Quand elle apprit que son oncle se rendait en Angleterre et souhaitait la rencontrer elle décida de quitter le pays. Elle retirait tout son argent de la banque, vendit ses meubles et embarqua avec ses enfants dans le premier navire qui l'emmena à Marseille.
©Kader Rawat.
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Depuis ma prime jeunesse j'avais une opinion de ce...

6 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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L’impertinence d’une jeune fille libérée 2

6 Septembre 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 

Depuis ma prime jeunesse j'avais une opinion de ce qu’était la sexualité. Quelques amies intimes m'avaient montré des photos obscènes que leurs copains leur avaient prêtées. Pour moi c'était une curiosité que d'essayer de comprendre ces photos que je trouvais odieuses. Je n'avais jamais imaginé que des choses pareilles existaient. J'étais très souvent perturbée par ces images obscènes qui me hantaient l'imagination les soirs quand je me trouvais seule dans ma chambre. En classe j'avais une préférence pour la littérature générale. J'étais très intéressée de connaître la vie des plus grands écrivains français et étrangers. Je prenais un infini plaisir à parcourir les œuvres qui ont fait parler d'elles de par le monde. Je sélectionnais de nombreux ouvrages romantiques qui alimentaient en quelque sorte mon imagination. Je m'étais inscrite à la bibliothèque départementale de Saint-Denis. J'avais le droit d’apporter à la maison six livres de mon choix pour une durée d'un mois avec la possibilité bien entendu de les renouveler si je voulais les garder plus longtemps. Je lisais jusqu'à fort tard le soir après avoir terminé mes devoirs de classe. Au cours du troisième trimestre j'avais peut-être travaillé trop dur. Je commençais à ressentir des fatigues intenses. Mes parents étaient inquiets de mon état de santé. Ils m'emmenaient consulter un médecin. J'aurais dû garder le lit pendant plusieurs jours pour éviter de sombrer dans un état dépressif.
Je n'étais pas insensible à l'évolution de la société dans laquelle je me trouvais. Je portais mes observations sur tout ce qui se trouvait dans mon champ de vision quand je marchais dans les rues et quand je me promenais. Avec le temps je commençais à accepter que la vie eût certaines distractions dont seule la jeunesse pouvait profiter. Quelques amies que je connaissais depuis des années essayaient avec beaucoup de patience à me faire comprendre que je devais changer mon attitude envers les jeunes garçons du lycée qui cherchaient à flirter avec moi. Je ne voulais pas me jeter de mon propre gré dans la gueule du loup mais me disais aussi que cela ne ferait mal à personne si je me faisais belle et me montrais plus consciente des attentions que me portaient les casanovas.
Je ne tardai pas à mettre en pratique ma résolution. Ma mère qui était la première à remarquer les changements qui s'effectuaient dans mes habitudes me fit part de ses inquiétudes et me fit remarquer que je rentrais tard à la maison. Je me faisais trop belle pour aller au lycée. Je ne faisais en vérité rien de mal si ce n'était seulement de m'attarder dans l'enceinte de la bibliothèque à bavarder avec des amies sur tous nos menus problèmes. Je ne peux expliquer moi-même aujourd'hui ce qui me faisait préférer la compagnie de mes amies à l'abri discret de ma demeure. Mon père fut sitôt informé de mes retards et il venait me retrouver dans ma chambre pour me demander les raisons. Je lui expliquais que les amies que je fréquentais et avec lesquelles je restais jusqu'à tard n'étaient pas de mauvaise compagnie. J'étais suffisamment responsable pour savoir ce que je devais faire et ce que je ne devais pas. Ce n'était pas une réponse que mon père aurait voulu entendre de moi. J'étais désolée. Je n'avais pas trouvé d'autres explications à lui donner. J'étais allée le voir un peu plus tard pour lui présenter mes excuses et pour lui assurer que je ne faisais rien de mal et de compromettant. Il était soulagé et m'avait dit qu'il me faisait confiance et qu'il savait que j'étais une fille qui avait la tête sur les épaules. A l'approche des fêtes de fin d'année, tous les élèves étaient contents. Nous n'avions pas beaucoup de devoirs à faire et passions nos temps à nous distraire. Je voulais profiter des occasions qui se présentaient pour m'amuser. Ma présence parmi les groupes de jeunes qui avaient la réputation d'être les feux follets de l'établissement étonnait bons nombres de soupirants que j'avais refoulé auparavant. Je semblais être la bienvenue au milieu de ce cercle que j'avais toujours évité. Certains garçons dont j'avais peut-être blessé les sentiments sans faire attention me trouvaient une proie facile. Je n'avais jamais imaginé que la manière dont je m'étais comportée au lycée avait déplu aux jeunes loups. Ils étaient prêts à me dévorer en entier. Pourtant en dépit de toutes les peines que j'avais données pour éviter de tomber dans les pièges de l'existence je me voyais bien en train de m'amuser comme une folle garce parmi une foule de gens que je ne connaissais pas. Ce milieu m'était tellement nouveau et étrange que je me sentais complètement perdue. J'avais l'impression de me trouver dans un labyrinthe en train de chercher mon chemin comme une éperdue. Pendant que la fête s'animait et prenait de l'ampleur, les quelques amies qui se trouvaient en ma compagnie me délaissaient pour rejoindre leurs copains qui les avaient entraînées auprès des étals de jeux. Je restais toute seule avant de rencontrer quelques amies qui me suppliaient de se joindre à elles. J'avais trouvé leur compagnie tellement agréable que j'avais passé toute la soirée avec elles. A l'approche de la nuit quelques ampoules électriques suspendues au plafond étaient allumées et répandaient des lueurs faibles dans la grande pièce. Je commençais vraiment à prendre goût aux plaisirs en me mélangeant à la foule. J’étais, sans me rendre compte, en train de m'amuser, dans les bras de ces garçons que j'avais repoussés en maintes occasions. C'était pour moi le début d'une nouvelle vie qui ne cesserait de prendre des dimensions considérables.
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J'étais devenue jeune fille à dix ans. Ma mère...

5 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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L’impertinence d’une jeune fille libérée 1

5 Septembre 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 

J'étais devenue jeune fille à dix ans. Ma mère qui ne m'avait pas encore préparée pour un tel événement s'étonnait de ma croissance rapide. Quand je rentrais à la maison un après-midi, après les heures de classe, les yeux remplis de larmes parce que j'avais commencé à saigner et que cela n'arrêtait pas, ma mère s'affolait devant la situation et m'emmenait dans la salle de bain pour me laver, pour me montrer les usages et pour m'expliquer sur la menstruation. J'étais bien embarrassée au début et, quand le soir mon père me regardait avec un air de contentement, je devinais que ma mère l'avait déjà mis au courant. J'éprouvais une honte qui me faisait réfléchir sur le changement qui s'était effectué dans ma nature.
Au collège, ma vie devenait intéressante. Je me liais d’amitié avec beaucoup de jeunes filles de mon âge et passais en leur compagnie des moments forts agréables. Je me trouvais dans une société qui évoluait bien vite. Je pris très tôt conscience de la réalité des choses et ne tardais pas à comprendre que, pour frayer mon chemin convenablement dans le milieu scolaire, j'avais toute raison de respecter les lignes de conduite, et de ne pas ignorer que le succès appartient à tous ceux qui savent prendre des initiatives, que la chance ne sourit qu'aux audacieux.
J'avais pris l'habitude, en retournant de l'école l’après-midi, de m'attarder en chemin. Je discutais pendant des heures avec des copines de mon âge sur les coins des rues. Parfois je me rendais chez elles pour rester jusqu'à une heure avancée avant de me décider à rentrer chez moi. Nous écoutions de la musique en mettant plusieurs fois le disque sur un gramophone et copiions sur une feuille de papier les paroles des chansons. Ma mère ne voulait pas comprendre que j'étais avec des amies et me reprochait souvent ma mauvaise conduite et soupçonnait même que je passais mon temps avec des garçons du collège. Pour prouver à ma mère qu'elle se trompait dans ses jugements, j'invitais mes copines à la maison et ma mère était contente de les rencontrer.
A seize ans je resplendissais de joie et découvris de tels charmes qu'en marchant dans les rues, je sentais les regards des hommes peser sur moi. Je ne me laissais jamais aborder par des garçons qui voulaient me faire la cour et évitais de discuter avec eux. Je tenais à ma réputation. Je suivais les conseils que ma mère me donnait. Je préférais m'éclipser aussitôt que je devinais l'intention des garçons qui voulaient m'adresser la parole à la sortie de mon établissement. Je n'avais pas de copains encore quand je commençais à fréquenter le lycée du butor. Je n'en voulais pas.
J'échangeais quelques fois de brèves paroles avec des élèves de ma classe et nous ne parlions que de devoirs et de leçons. Je préférais la compagnie de mes copines avec lesquelles je me sentais tranquille.
Je n'avais jamais éprouvé de regrets en me comportant de cette manière. Je ne savais pas que j'étais en train de transgresser les lois toutes naturelles du lycée en cherchant à me faire passer pour une fille sérieuse et pudique. Les soupirants commençaient à manquer de patience. Je n'allais pas pour autant changer mon comportement. Je demeurais insensible aux attentions qu'ils me portaient, indifférente à leur approche, sourde à leur appel et d’une impertinence pas possible. C’était bien moi et je n’y pouvais rien.
Au lycée, un jeune professeur métropolitain portait à mon égard un intérêt particulier. J'éprouvais également pour lui de l'admiration. C'était un type bien, de taille moyenne, mince, avec de longs cheveux à la Beatles, bien coiffés. Il était marié et avait deux beaux gosses que j'avais entrevus une fois en compagnie de sa femme, une parisienne probablement, dans une bagnole qui était stationnée devant l'établissement scolaire. Il nous enseignait l'histoire. Je n'étais pas une élève très brillante dans cette discipline. Je devais fournir de gros efforts pour avoir de bonnes notes. Je suivais avec grand intérêt ses cours. J'étais souvent désignée pour préparer et commenter devant la classe les parcours des grands personnages de l'histoire, les règnes des Rois de France à l'époque médiévale et même avant. Je faisais des études approfondies des grandes conquêtes de l'histoire. Quand je fus interrogée par le professeur je n'éprouvais pas la moindre hésitation pour parler de tout ce que je savais de ces hommes célèbres et de leurs faiblesses pour les femmes qui avaient partagé leur vie.
Mes études m'aidaient à augmenter ma connaissance et éclairer mon esprit dans plusieurs domaines dont je ne me serais jamais intéressée si ce n'était pas pour compléter mon programme scolaire. J'avais beaucoup d'espoir de pouvoir terminer mes études avec succès et me sentais capable de pouvoir travailler avec acharnement et assiduité. Je me faisais déjà de ce monde des idées bien définies et commençais à regarder l'avenir avec beaucoup de confiance. Je ne manquais pas d'encouragement de la part de mes parents et avais toutes les facilités et le confort dont j'avais besoin.
A cette époque, des transformations radicales s'effectuaient dans les environnements. Les paysages changeaient d'aspect et de caractéristiques. Plusieurs bâtiments étaient en cours de construction pour abriter les familles pauvres et défavorisées qui n'avaient pas de logement salubre. Je me souviens avoir été choisie en classe pour parler des avantages et des inconvénients de situer les établissements scolaires dans des lieux agglomérés. J'abordais les élèves dans la cour de l'école pour leur poser une foule de question sur leur condition de vie dans l'enceinte de l'établissement. De cette manière je parvenais à rassembler des renseignements précieux pour traiter et développer le sujet. J'avais laissé ce jour-là sur ceux qui m'écoutaient parler une forte impression.
Mon père m'avait toujours appris à être simple, modeste et agréable. C'était la raison pour laquelle j'avais de nombreuses amies. J'étais souvent mise au courant de leurs petits secrets, de leurs mésaventures et de leurs déceptions amoureuses.
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LES RAMPES DE LA PLAINE DES PALMISTES 5...

5 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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LES RAMPES DE LA PLAINE DES PALMISTES 4...

3 Septembre 2022 , Rédigé par kader rawat

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