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Des vacances inoubliables 2 Mon père n'avait...

30 Août 2022 , Rédigé par kader rawat

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Des vacances inoubliables 2

30 Août 2022 , Rédigé par Kader Rawat

Des vacances inoubliables 2

 

Mon père n'avait qu'une semaine pour passer avec nous. C'était très peu pour des vacances. Mais pour lui c'était suffisant pour me persuader de le suivre. Il avait fait ce déplacement uniquement dans ce but. Je pris une semaine de congé afin de consacrer tout mon temps à faire mon père visiter Paris. J'avais eu tous les plaisirs de lui emmener voir les coins les plus charmants que moi-même j'avais découvert avec enthousiasme. Il insista pour que nous visitions Venise. Je ne voulais pas qu'il dépensât son argent. Mais il en avait suffisamment pour nous faire visiter toutes les villes d'Europe si nous le désirions. Il avait des chèques de voyages, des cartes de crédit, l'American Express, le Diners club, de quoi pour faire le tour du monde. Ce n'était pas quand même une raison de gaspiller de l'argent. Mon père était riche maïs malheureux. J'étais son seul espoir et le pire était que je le savais.
Notre séjour à Venise avait passé comme dans un rêve. Akbar était tout particulièrement émerveillé par la beauté de la cité et les plaisirs que nous avions eus de nous promener dans les gondoles, des aquabus et des grandes vedettes qui nous firent circuler sur le Grand Canal afin de découvrir Venise de nos yeux avides encore et hagards. Nous demeurions en extase devant la sublime beauté des édifices et nos regards voyageaient des profondeurs des eaux jusqu'aux sommets des tours et des gigantesques bâtiments. Nous avions visité le palais des Doges, la Santa Maria Della Salute, la Bibliothèque Sansovino, le Ca'd'Ore et bien d'autres monuments qui nous avaient laissé des souvenirs inoubliables.
Pendant que nous étions ensemble à prendre notre dîner dans un restaurant ou à nous asseoir dans un café mon père et moi-même avions livré conversation se rapportant sur la manière dont j'envisageais mon avenir et celui d’Akbar. Nous avions soulevé énormément de questions notamment sur les problèmes que rencontraient les immigrés en France et les rudes épreuves qui les attendaient toujours pour frayer leur chemin dans les embûches de la société. Bien que mon père reconnût en moi une battante, il me fit remarquer que j'avais aucune raison vraiment valable de continuer à rester en France. Il m'avouait qu'il supportait mal me voir vivre si loin et dans des conditions de vie qu'il ne pourrait accepter. Je lui avais écouté parler pendant longtemps sans lui dire un seul mot. Il me supplia de rentrer à la Réunion et de commencer une nouvelle vie, beaucoup plus intéressante que celle que je menais. J'aurais ma maison à moi et entièrement meublée, ma voiture et j'occuperais un poste important dans son établissement. C'était une proposition alléchante. Mais je n'allais pas quand même me laisser tenter par ces avantages pour me décider de ce que je devais faire. J'étais par contre contente de constater que mon père m'estimait beaucoup pour qu'il essayât de tout faire pour me ramener à lui. En vérité je commençais vraiment à en avoir assez de l'existence que je menais en France. Je ressentais au fond de moi-même un immense plaisir de me voir ainsi réclamée par mon père que je croyais avoir perdu à jamais après que j'eusse commit l'impardonnable erreur de jeunesse. J'imaginais combien il était grand de cœur pour ne pas me tenir rigueurs de mes folies et de la honte que j'aurais dû lui couvrir pendant toutes ses années. Au lieu d'entendre ses récriminations et avoir à me confronter à ses colères je me voyais au contraire assaillie par des supplications et ses demandes répétées à me placer à ses côtés. Je devais ne pas avoir de cœur pour demeurer insensible à ses appels. Malgré la petite fortune que je possédais, grâce à des économies et des privations, je n'avais guère un avenir brillant et ne sentais nullement que mon fils était en sécurité. J'avais besoin d'une vie plus équilibrée, me voir entourée des gens qui m'aimaient, entreprendre des responsabilités qui pourraient me permettre de déployer mes connaissances et de faire valoir mes compétences dans divers domaines et en particulier dans les affaires. Pourquoi ne pas saisir cette chance qui s'offrait à moi. J'aurais fait d'une pierre deux coups, à la fois retourner vivre auprès de mon père, ce que je souhaitais de tout cœur, et de préparer l'avenir de Akbar avec plus de liberté et de soin. Tout compte fait je n'avais rien à perdre. Akbar entrait dans la phase difficile de l'adolescence et c'était le moment pour moi de m'occuper de son éducation avec plus de rigueur et de sérieux. Le mauvais chemin dans lequel il s'était engagé tout récemment en compagnie des jeunes moribonds du quartier me donnait toujours cette frayeur que dans une autre occasion similaire il pouvait récidiver et échapper à mes contrôles. Je ne voulais absolument pas qu'une chose pareille m'arrivât. Il aurait à la Réunion toutes ses chances de s'épanouir dans ses études comme il l'aurait eu en France. Pour moi il n'y avait aucune différence. Donc, sur ce point, je n'avais pas à m'inquiéter. Le problème demeurait sur la question si Akbar accepterait l'idée de vivre à la Réunion. Je ne lui avais jamais posé la question et je n'avais vraiment aucune idée de ce qu'il pourrait me répondre là-dessus. Il allait avoir bientôt douze ans et son opinion comptait beaucoup pour moi. Je ne voulais pas le voir malheureux, ni le décevoir.
Mon père était un homme charmant et compréhensible. Il avait su comment se comporter pour gagner l'amitié d’Akbar. Il avait compris, depuis la première fois qu'il m'avait vu au bureau, qu’Akbar représentait tout à mes yeux et dans toutes les décisions importantes que je devrais prendre il jouerait un rôle important. Il ne s'était pas trompé. D'ailleurs toutes les fois qu'il sortait en notre compagnie il ne cessait de lui combler de cadeaux. Il l'emmenait souvent dans les magasins de jouets pour lui demander de choisir parmi les milliers des jeux, ce qui lui plaisait. Akbar était un grand amateur des jeux électroniques, qui ne se vendaient pas à bon marché à l'époque. Je lui grondais tout le temps d'avoir choisi ceux qui étaient les plus coûteux. Mon père et Akbar étaient devenus de si grands amis que je me sentais moi-même mise à l'écart quand ils se trouvaient ensemble. Au fond, je me réjouissais de les voir s'entretenir une telle relation. J'avais maintes fois discuté avec mon père sur le lien que j'entretenais avec mon fils. Je lui ai fait clairement savoir que jamais, en aucune façon, j'abandonnerais mon fils, en aucune circonstance. Je n'avais pas hésité pour autant d'expliquer à mon père qu’Akbar était un garçon particulier et que je saurais comment m'y prendre pour lui aborder le sujet au moment venu sans toutefois lui donner aucun espoir de la décision que j'allais prendre. Il me donnait raison d'agir ainsi, me fit comprendre qu'il mettait en moi toute sa confiance de pouvoir persuader mon fils d'une sage décision, de le raisonner si possible pour arriver à un accord commun. Je dois toutefois avouer que ce n'était pas une tâche facile étant donné que je connaissais très bien Akbar.
Ceci est un ouvrage de fiction. Toute ressemblance avec des personnages réels ne peut être que fortuite.
© Kader Rawat
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Des vacances inoubliables 1 Alors que la vie...

29 Août 2022 , Rédigé par kader rawat

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Des vacances inoubliables 1

29 Août 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 
Des vacances inoubliables 1
Alors que la vie reprenait son cours normal et que je commençais à m'adapter sans trop me plaindre, malgré le froid intense qui s'abattait sur Paris, une visite improviste d'un jeune étudiant que mon père avait envoyé, à la fois pour prendre de mes nouvelles que pour me remettre une parcelle contenant une belle robe pour moi et des présents pour Akbar.
Akbar se montrait curieux et m'aidait souvent à briser le silence dans lequel je me réfugiais habituellement quand je n'avais personne avec qui bavarder. Je saisissais donc l'occasion de parler longuement de mon père et de l'Île de la Réunion. J'étais comblée de cette marque d'attention si significative pour moi. J'écrivis ce soir-là à mon père une longue lettre jusqu'à fort tard, lui remerciant de ses cadeaux et lui assurant de mes sentiments à son égard. Il voulait savoir, dans une lettre qu'il m'avait adressée par la même occasion, si je n'avais besoin de rien et si je tenais absolument à continuer à vivre en France. Je lui affirmais que, bien loin à vouloir lui déplaire ou même lui décevoir, mon intention restait inchangeable, d'autant plus qu'il connaissait la vraie raison que je ne souhaitais pas une fois de plus mentionner. Mais outre tout cela, de passer des bons moments toute seule en sa compagnie était le désir ardent que je ne pouvais ne pas lui communiquer. J'étais disposée de passer mes vacances auprès de lui s'il s'arrangeait pour se trouver seul., sans la femme qui partageait sa vie. Et puis, mon fils devrait connaître son grand-père un peu mieux. Un père et une fille, séparés par les aléas de la vie et éloignés par un mauvais coup du destin, n'ont-ils pas toutes raisons au monde de se revoir pour se rapprocher et consolider ce lien familial qui a pendant longtemps enduré les épreuves de l’existence? C'était cette phrase qui fit germer l'idée à mon père de nous décider, par un accord commun, de nous retrouver dans un endroit précis pour les prochaines vacances.
Mon père était venu me rejoindre au début du mois d'août. Il s'était installé dans un hôtel et m'avait téléphoné dans mon bureau pour me prévenir qu'il viendrait me chercher le soir pour que nous dînions ensemble dans un de ces restaurants luxueux. J'étais si contente que j'avais demandé permission à mon patron de sortir tôt dans l'après-midi afin d'aller récupérer Akbar à la médersa et me préparer pour rencontrer mon père. Je savais qu'il pourrait débarquer devant ma porte à n'importe quel moment et je ne voulais pas lui donner cette impression de mener une vie qu'il ne pourrait approuver et qui pourrait l'affecter profondément. Je préférais prendre mes précautions, d'être à l'avance et me parer de toutes éventualités. J'avais mis de l'ordre dans ma petite maison et avait préparé Akbar depuis très tôt sans que lui-même ne pouvait comprendre ce qui se passait. Je lui avais réservé la surprise.
Il n'était pas encore sept heures quand mon père était venu me prendre dans une voiture de location et nous emmené au cœur de Paris dans un restaurant que j'eus tout le plaisir de découvrir et d'apprécier. Nous avions parlé de tas de choses au cours de ce dîner que nous étions obligés d'abréger parce que Akbar tombait de sommeil. J'avais compris que mon père avait de gros problèmes avec son épouse et qu'il n'avait plus le courage de diriger ses entreprises dans l'état où il se trouvait. Il voulait me faire comprendre qu'il n'avait aucune raison de se tuer dans le travail s'il n'avait personne pour lui succéder. Il était temps pour moi de me décider de me joindre à lui afin de lui permettre de développer ses activités comme il le souhaitait. Il avait dépensé suffisamment d'énergie depuis qu'il se débattait dans le commerce pour ne pas continuer à tenir bon jusqu'au bout et de contempler du haut de son piédestal le fruit des années de labeurs et de luttes acharnées. Il avait jugé bon de me tenir au courant de cet état de chose et de m'exprimer son ardent désir de m'avoir à ses côtés pour l'épauler à accomplir un travail dans lequel il s'était tant dévoué. Il voulait passer également quelques moments agréables en ma compagnie. Je lui avais trouvé fort déprimé et par moment soucieux de ce qui pouvait lui arriver. Il n'avait personne en qui mettre toute sa confiance et avait l'air parfois d'un homme perdu. C'étaient des faiblesses que je parvenais à déceler pendant le peu de temps que je passais à ses côtés. J'avais toute raison de croire que la situation était beaucoup plus grave que cela semblait être au moment où mon père laissait échapper des bribes de ses sentiments cachés et frustrés. Ce n'était pas de son habitude de faire des confidences mais à savoir maintenant les raisons qui lui avaient poussé à me parler de la sorte était une question que je ne cessais de me poser pendant que je me trouvais toute seule chez moi.
J'avais bien compris que mon père avait besoin de moi à ses côtés pour reprendre courage afin de donner plus d'ampleur à ses activités et aussi un sens à sa vie. Étais-je prête à me mettre à côté de lui pour lui épauler dans ses entreprises ? Ce n'était pas la première fois qu'il m'exprimait son désir de me voir se ranger à ses côtés. L'autre fois je n'avais pas pu prendre une décision parce que l'idée était nouvelle et que je n'avais pas encore eu le temps de réfléchir là-dessus. C'était la raison pour laquelle je n'avais pas voulu aborder la question. Cette fois-ci il valait mieux que je réfléchisse bien avant de prendre une décision.
De venir passer les vacances avec moi n'était qu'un prétexte, je le savais depuis le début. Ses affaires pouvaient difficilement lui permettre de telles fantaisies. Pourtant il était venu me voir avec des idées bien définies. Il m'avait beaucoup questionné sur ma condition de vie. Il était venu chez moi pour voir de quelle manière je vivais et pour se faire une idée de ce que je possédais. Je ne vivais pas dans le luxe et chez moi il n'y avait rien d'attrayant. Ma vie était modeste mais je me sentais bien. C'était l'essentiel.
©Kader Rawat
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J'étais perdue devant l'immensité de cette...

15 Juillet 2022 , Rédigé par kader rawat

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Devika, la mauricienne

15 Juillet 2022 , Rédigé par Kader Rawat

 

J'étais perdue devant l'immensité de cette ville. Elle me paraissait vieille et exerçait sur moi une étrange fascination. Les aspects singuliers de la ville me donnaient la frayeur. Je me tenais debout sur le quai après avoir fait mes adieux à mon amie Florence. Je me sentais seule et n'avais aucune idée de ce que je devais faire. Je décidai de chercher une maison. Je ne connaissais pas Marseille. J’allais apprendre à la connaître.
Une vieille bâtisse située dans les écarts retenait mon attention. Une pancarte indiquant "Immeuble des Immigrés" me donna une idée du genre de personnes qui l'occupaient. Je rencontrai la concierge un samedi matin. Elle m'avait posé énormément de questions avant de se décider à me présenter au propriétaire d’un appartement situé au troisième étage. C’était une vieille dame depuis longtemps à la retraite avec qui j’avais sympathisé en très peu de temps et qui m’accepta comme son locataire.
Je fis le nécessaire pour mes meubles quelques jours plus tard et m'y installai de suite. Ma voisine était une mauricienne et s'appelait Devika. Je la rencontrai dès le lendemain de mon arrivée. Le peu de paroles que nous avions échangé m'avait persuadé que nous allions bien nous entendre dans les prochains jours. Je ne m'étais pas trompée. Devika devint bien évidemment ma meilleure amie.
Devika était une femme remarquable. Elle m'avait plu tout d'abord par sa façon très particulière de discuter avec moi en découvrant des aspects cachés de son caractère. Elle me parlait souvent de sa vie à Maurice avec ses parents. Elle était issue d’une famille nombreuse, avait connu une enfance heureuse dont le souvenir refoulait bien souvent dans sa mémoire. Elle avait pris un infini plaisir à parler de ce temps pendant que nous nous retrouvions les soirs, après le repas, dans le salon. J'appris qu'elle habitait à Quatre-Bornes et que son père était avocat. Elle avait été élevée dans une superbe maison à étage en compagnie de ses cinq frères et ses quatre sœurs. Parmi les membres de sa famille certains étaient médecins, d'autres instituteurs et avocats. Elle était destinée à réussir dans la vie. Après avoir terminé ses études au collège Queen Elizabeth, ses parents décidèrent de l'envoyer en Angleterre pour étudier la médecine.
Elle avait voyagé avec de grandes ambitions. Elle avait à peine vingt ans quand elle débuta ses études de médecine. Elle ressemblait beaucoup à ces filles indiennes que j'avais connues au lycée. Elle était belle. A l'hôpital où elle se rendait pour suivre ses cours d'anatomie, elle rencontra un jeune docteur qui se nommait Ajay et qui se montrait très intéressé à elle. Elle ne tarda pas à tomber amoureuse du séduisant docteur et à avoir avec lui de nombreuses aventures avant qu'elle n'apprenne qu'il était marié et qu'il vivait avec sa femme dans une villa à quelques kilomètres de l'hôpital. Elle était déjà enceinte et avait dû interrompre ses cours pour accoucher. Le docteur Ajay Chowdurry était originaire de l’Inde. Il avait connu en compagnie de Devika un bonheur immense. Il réussit à persuader Devika d'abandonner ses études pour élever son enfant. C'était une décision difficile à prendre. Quand elle échoua à ses examens, elle décida de consacrer son temps à s'occuper de son enfant et à attendre le docteur Ajay qu’elle voulait rendre heureux. Elle fut logée dans un modeste appartement où le docteur alla la retrouver. Elle lui donna deux enfants en tout avant que n’éclate le scandale qui allait mettre un terme à cette vie heureuse qu'elle avait commencé à mener. La femme d'Ajay était venue la trouver pour lui proférer des menaces. Comment savait-elle qu'elle habitait cet appartement ? Le docteur Ajay avait commencé à négliger sa femme et ses trois enfants depuis qu'il connaissait Devika. Il se rendait rarement à son domicile conjugal. Il n'était pas non plus en bons termes avec son épouse. Ses enfants en souffraient beaucoup. Sa femme avait été informée de sa liaison avec Devika. Elle avait fait venir son oncle de l'Inde pour mettre de l'ordre dans son ménage. Devika savait qu'elle ne pouvait pas garder Ajay pour elle. Elle n'avait pu rien faire pour empêcher le docteur de retourner en Inde. Elle se retrouva toute seule avec ses enfants. Mais le docteur Ajay lui avait laissé une importante somme d'argent pour élever les enfants. Elle ne voulait pas dépenser cet argent. Elle l'avait gardé précieusement dans une banque et s'était jurée d'en avoir recours si c'était vraiment nécessaire. Devika décida de déménager. Elle loua deux petites chambres dans le quartier pauvre de la ville. Elle avait commencé à travailler. Elle ne percevait pas beaucoup d'argent et faisait d'énormes sacrifices pour joindre les deux bouts. Elle recevait régulièrement de l’argent de ses parents de Maurice et se permettait l'achat de ce qui étaient utiles pour la maison et des vêtements pour ses enfants. Quand elle apprit que son oncle se rendait en Angleterre et souhaitait la rencontrer elle décida de quitter le pays. Elle retirait tout son argent de la banque, vendit ses meubles et embarqua avec ses enfants dans le premier navire qui l'emmena à Marseille.
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L’impertinence d’une jeune fille libérée 2...

8 Juillet 2022 , Rédigé par kader rawat

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L’impertinence d’une jeune fille libérée 2

8 Juillet 2022 , Rédigé par Kader Rawat

L’impertinence d’une jeune fille libérée

2

 

Depuis ma prime jeunesse j'avais une opinion de ce qu’était la sexualité. Quelques amies intimes m'avaient montré des photos obscènes que leurs copains leur avaient prêtées. Pour moi c'était une curiosité que d'essayer de comprendre ces photos que je trouvais odieuses. Je n'avais jamais imaginé que des choses pareilles existaient. J'étais très souvent perturbée par ces images obscènes qui me hantaient l'imagination les soirs quand je me trouvais seule dans ma chambre. En classe j'avais une préférence pour la littérature générale. J'étais très intéressée de connaître la vie des plus grands écrivains français et étrangers. Je prenais un infini plaisir à parcourir les œuvres qui ont fait parler d'elles de par le monde. Je sélectionnais de nombreux ouvrages romantiques qui alimentaient en quelque sorte mon imagination. Je m'étais inscrite à la bibliothèque départementale de Saint-Denis. J'avais le droit d’apporter à la maison six livres de mon choix pour une durée d'un mois avec la possibilité bien entendu de les renouveler si je voulais les garder plus longtemps. Je lisais jusqu'à fort tard le soir après avoir terminé mes devoirs de classe. Au cours du troisième trimestre j'avais peut-être travaillé trop dur. Je commençais à ressentir des fatigues intenses. Mes parents étaient inquiets de mon état de santé. Ils m'emmenaient consulter un médecin. J'aurais dû garder le lit pendant plusieurs jours pour éviter de sombrer dans un état dépressif.

Je n'étais pas insensible à l'évolution de la société dans laquelle je me trouvais. Je portais mes observations sur tout ce qui se trouvait dans mon champ de vision quand je marchais dans les rues et quand je me promenais. Avec le temps je commençais à accepter que la vie eût certaines distractions dont seule la jeunesse pouvait profiter. Quelques amies que je connaissais depuis des années essayaient avec beaucoup de patience à me faire comprendre que je devais changer mon attitude envers les jeunes garçons du lycée qui cherchaient à flirter avec moi. Je ne voulais pas me jeter de mon propre gré dans la gueule du loup mais me disais aussi que cela ne ferait mal à personne si je me faisais belle et me montrais plus consciente des attentions que me portaient les casanovas.

Je ne tardai pas à mettre en pratique ma résolution. Ma mère qui était la première à remarquer les changements qui s'effectuaient dans mes habitudes me fit part de ses inquiétudes et me fit remarquer que je rentrais tard à la maison. Je me faisais trop belle pour aller au lycée. Je ne faisais en vérité rien de mal si ce n'était seulement de m'attarder dans l'enceinte de la bibliothèque à bavarder avec des amies sur tous nos menus problèmes. Je ne peux expliquer moi-même aujourd'hui ce qui me faisait préférer la compagnie de mes amies à l'abri discret de ma demeure. Mon père fut sitôt informé de mes retards et il venait me retrouver dans ma chambre pour me demander les raisons. Je lui expliquais que les amies que je fréquentais et avec lesquelles je restais jusqu'à tard n'étaient pas de mauvaise compagnie. J'étais suffisamment responsable pour savoir ce que je devais faire et ce que je ne devais pas. Ce n'était pas une réponse que mon père aurait voulu entendre de moi. J'étais désolée. Je n'avais pas trouvé d'autres explications à lui donner. J'étais allée le voir un peu plus tard pour lui présenter mes excuses et pour lui assurer que je ne faisais rien de mal et de compromettant. Il était soulagé et m'avait dit qu'il me faisait confiance et qu'il savait que j'étais une fille qui avait la tête sur les épaules. A l'approche des fêtes de fin d'année, tous les élèves étaient contents. Nous n'avions pas beaucoup de devoirs à faire et passions nos temps à nous distraire. Je voulais profiter des occasions qui se présentaient pour m'amuser. Ma présence parmi les groupes de jeunes qui avaient la réputation d'être les feux follets de l'établissement étonnait bons nombres de soupirants que j'avais refoulé auparavant. Je semblais être la bienvenue au milieu de ce cercle que j'avais toujours évité. Certains garçons dont j'avais peut-être blessé les sentiments sans faire attention me trouvaient une proie facile. Je n'avais jamais imaginé que la manière dont je m'étais comportée au lycée avait déplu aux jeunes loups. Ils étaient prêts à me dévorer en entier. Pourtant en dépit de toutes les peines que j'avais données pour éviter de tomber dans les pièges de l'existence je me voyais bien en train de m'amuser comme une folle garce parmi une foule de gens que je ne connaissais pas. Ce milieu m'était tellement nouveau et étrange que je me sentais complètement perdue. J'avais l'impression de me trouver dans un labyrinthe en train de chercher mon chemin comme une éperdue. Pendant que la fête s'animait et prenait de l'ampleur, les quelques amies qui se trouvaient en ma compagnie me délaissaient pour rejoindre leurs copains qui les avaient entraînées auprès des étals de jeux. Je restais toute seule avant de rencontrer quelques amies qui me suppliaient de se joindre à elles. J'avais trouvé leur compagnie tellement agréable que j'avais passé toute la soirée avec elles. A l'approche de la nuit quelques ampoules électriques suspendues au plafond étaient allumées et répandaient des lueurs faibles dans la grande pièce. Je commençais vraiment à prendre goût aux plaisirs en me mélangeant à la foule. J’étais, sans me rendre compte, en train de m'amuser, dans les bras de ces garçons que j'avais repoussés en maintes occasions. C'était pour moi le début d'une nouvelle vie qui ne cesserait de prendre des dimensions considérables.

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L’impertinence d’une jeune fille libérée 1...

6 Juillet 2022 , Rédigé par kader rawat

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L’impertinence d’une jeune fille libérée

6 Juillet 2022 , Rédigé par Kader Rawat

L’impertinence d’une jeune fille libérée

1

J'étais devenue jeune fille à dix ans. Ma mère qui ne m'avait pas encore préparée pour un tel événement s'étonnait de ma croissance rapide. Quand je rentrais à la maison un après-midi, après les heures de classe, les yeux remplis de larmes parce que j'avais commencé à saigner et que cela n'arrêtait pas, ma mère s'affolait devant la situation et m'emmenait dans la salle de bain pour me laver, pour me montrer les usages et pour m'expliquer sur la menstruation. J'étais bien embarrassée au début et, quand le soir mon père me regardait avec un air de contentement, je devinais que ma mère l'avait déjà mis au courant. J'éprouvais une honte qui me faisait réfléchir sur le changement qui s'était effectué dans ma nature.

Au collège, ma vie devenait intéressante. Je me liais d’amitié avec beaucoup de jeunes filles de mon âge et passais en leur compagnie des moments forts agréables. Je me trouvais dans une société qui évoluait bien vite. Je pris très tôt conscience de la réalité des choses et ne tardais pas à comprendre que, pour frayer mon chemin convenablement dans le milieu scolaire, j'avais toute raison de respecter les lignes de conduite, et de ne pas ignorer que le succès appartient à tous ceux qui savent prendre des initiatives, que la chance ne sourit qu'aux audacieux.

J'avais pris l'habitude, en retournant de l'école l’après-midi, de m'attarder en chemin. Je discutais pendant des heures avec des copines de mon âge sur les coins des rues. Parfois je me rendais chez elles pour rester jusqu'à une heure avancée avant de me décider à rentrer chez moi. Nous écoutions de la musique en mettant plusieurs fois le disque sur un gramophone et copiions sur une feuille de papier les paroles des chansons. Ma mère ne voulait pas comprendre que j'étais avec des amies et me reprochait souvent ma mauvaise conduite et soupçonnait même que je passais mon temps avec des garçons du collège. Pour prouver à ma mère qu'elle se trompait dans ses jugements, j'invitais mes copines à la maison et ma mère était contente de les rencontrer.

A seize ans je resplendissais de joie et découvris de tels charmes qu'en marchant dans les rues, je sentais les regards des hommes peser sur moi. Je ne me laissais jamais aborder par des garçons qui voulaient me faire la cour et évitais de discuter avec eux. Je tenais à ma réputation. Je suivais les conseils que ma mère me donnait. Je préférais m'éclipser aussitôt que je devinais l'intention des garçons qui voulaient m'adresser la parole à la sortie de mon établissement. Je n'avais pas de copains encore quand je commençais à fréquenter le lycée du butor. Je n'en voulais pas.

J'échangeais quelques fois de brèves paroles avec des élèves de ma classe et nous ne parlions que de devoirs et de leçons. Je préférais la compagnie de mes copines avec lesquelles je me sentais tranquille.

Je n'avais jamais éprouvé de regrets en me comportant de cette manière. Je ne savais pas que j'étais en train de transgresser les lois toutes naturelles du lycée en cherchant à me faire passer pour une fille sérieuse et pudique. Les soupirants commençaient à manquer de patience. Je n'allais pas pour autant changer mon comportement. Je demeurais insensible aux attentions qu'ils me portaient, indifférente à leur approche, sourde à leur appel et d’une impertinence pas possible. C’était bien moi et je n’y pouvais rien.

Au lycée, un jeune professeur métropolitain portait à mon égard un intérêt particulier. J'éprouvais également pour lui de l'admiration. C'était un type bien, de taille moyenne, mince, avec de longs cheveux à la Beatles, bien coiffés. Il était marié et avait deux beaux gosses que j'avais entrevus une fois en compagnie de sa femme, une parisienne probablement, dans une bagnole qui était stationnée devant l'établissement scolaire. Il nous enseignait l'histoire. Je n'étais pas une élève très brillante dans cette discipline. Je devais fournir de gros efforts pour avoir de bonnes notes. Je suivais avec grand intérêt ses cours. J'étais souvent désignée pour préparer et commenter devant la classe les parcours des grands personnages de l'histoire, les règnes des Rois de France à l'époque médiévale et même avant. Je faisais des études approfondies des grandes conquêtes de l'histoire. Quand je fus interrogée par le professeur je n'éprouvais pas la moindre hésitation pour parler de tout ce que je savais de ces hommes célèbres et de leurs faiblesses pour les femmes qui avaient partagé leur vie.

Mes études m'aidaient à augmenter ma connaissance et éclairer mon esprit dans plusieurs domaines dont je ne me serais jamais intéressée si ce n'était pas pour compléter mon programme scolaire. J'avais beaucoup d'espoir de pouvoir terminer mes études avec succès et me sentais capable de pouvoir travailler avec acharnement et assiduité. Je me faisais déjà de ce monde des idées bien définies et commençais à regarder l'avenir avec beaucoup de confiance. Je ne manquais pas d'encouragement de la part de mes parents et avais toutes les facilités et le confort dont j'avais besoin.

A cette époque, des transformations radicales s'effectuaient dans les environnements. Les paysages changeaient d'aspect et de caractéristiques. Plusieurs bâtiments étaient en cours de construction pour abriter les familles pauvres et défavorisées qui n'avaient pas de logement salubre. Je me souviens avoir été choisie en classe pour parler des avantages et des inconvénients de situer les établissements scolaires dans des lieux agglomérés. J'abordais les élèves dans la cour de l'école pour leur poser une foule de question sur leur condition de vie dans l'enceinte de l'établissement. De cette manière je parvenais à rassembler des renseignements précieux pour traiter et développer le sujet. J'avais laissé ce jour-là sur ceux qui m'écoutaient parler une forte impression.

Mon père m'avait toujours appris à être simple, modeste et agréable. C'était la raison pour laquelle j'avais de nombreuses amies. J'étais souvent mise au courant de leurs petits secrets, de leurs mésaventures et de leurs déceptions amoureuses.

 

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