Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Articles récents

LES RUES DE SAINT DENIS 2 https://t.co/u8P348l69m...

13 Avril 2020 , Rédigé par kader rawat

Lire la suite

LES RUES DE SAINT DENIS https://t.co/1S4fV1RLlY...

13 Avril 2020 , Rédigé par kader rawat

Lire la suite

CONFINEMENT A SAINT-DENIS AVRIL 2020 1...

10 Avril 2020 , Rédigé par kader rawat

Lire la suite

THE DISTANT COUNTRIES Vol. 1: The Beautiful...

29 Octobre 2019 , Rédigé par kader rawat

Lire la suite

L'INSTIGATEUR

14 Septembre 2019 , Rédigé par Kader Rawat

L’INSTIGATEUR

Chapitre 1

Au sommet de la colline des gigantesques troncs d’arbres, perdus parfois dans des épaisses broussailles, se dressaient droits vers le ciel; le temps semblait plus paisible, plus calme, plus rassurant, peut-être parce qu’à cette époque de la saison, l’atmosphère donne une semblable apparence, peut-être aussi par l’absence totale du vent — ce qui arrive bien souvent entre le départ de l’été et l’annonce de l’hiver — ou peut-être bien que c’était dû à un mauvais présage! Qu’importe les raisons qui pouvaient expliquer cette étrange impression que ce silence absolu de la nature nous laissait dans notre esprit ! Pour sur, les réponses n’apporteraient aucun changement à ce que le temps ait pu forger au sein de l’humanité. Le temps semblait s’éterniser à jamais au milieu d’une nature sans souffle. La vie ne donnait aucun signe d’existence, à en croire que le monde était celui de la préhistoire.

Je demeurai pendant longtemps dans la grande solitude, à observer dans ma faiblesse, dans mon état déprimant, les moindres objets auxquels je pouvais accrocher mes regards. Nul ne me donnait l’envie d’en voir plus, nul ne semblait avoir à mes yeux une quelconque signification, tant je les trouvais tous plus morts que disparus quand un sentiment de frayeur, de honte, de je ne sais quel sacrilège venait me soulever le cœur. J’étais pris d’un étourdissement et je m’appuyais contre le tronc rugueux et humide d’un arbre.

Je sentais la tension de mon sang diminuer dans mes veines et je compris tout de suite que je n’avais plus de vigueurs. Mes forces commençaient déjà par m’abandonner, parce que j’avais parcouru cette longue distance, compromettant mon état de santé. Je n’avais pas songé une seule fois que la mort m’aurait traqué là où je ne l’avais jamais attendue. Et maintenant, dans cet état d’abattement où je me trouvais, quel courage avais-je à l’affronter ? Ce duel me semblait inéquitable et, à cette espèce de surdité dont je souffrais,  venait s’ajouter le problème visuel, genre de disparition d’image, de leur effacement, des brouilles qui me faisaient confondre tout dans un mélange de petits points noirs. Etait-ce le commencement de ce grand voyage dans l’au-delà ? Je ne pouvais remuer aucun de mes membres, malgré que je garde toujours mes sens, ma conscience par la seule volonté de vouloir rester éveillé, non pour assister à ma mort lente et à petit feu aux confins des bois,  mais pour mener une lutte contre cette même mort qui voulait  me prendre au revers. Je réunissais ainsi mes forces pour relever le défi qu’elle m’avait lancé.

J’ouvris mes yeux grandement et levais la tête vers le haut. Entre les interstices des branches, je pus voir le ciel bleu clair. J’implorais Dieu de me pardonner les fautes et les erreurs que j’avais commises dans mon ignorance et de me donner une chance de vivre. J’avais l'impression que je venais de subir un échec dont j’étais en train de supporter les conséquences. L’émeute sanglante que j’avais assisté la veille et à laquelle j’avais participé me paraissait loin, distant, mais l’écho me resonnait encore dans les oreilles. Je savais que si je voulais vivre, si je ne me laissais pas m’engouffrer, m’enliser dans la mort, c’était pour l’unique raison qu’une voix m’avait appelé dans les ténèbres, une voix qui me tourmenterait jusqu’à ma mort si je ne répondais pas à son appelle. C’était la voix de Roseline.

Je me laissais glisser lentement sur mes genoux en implorant Dieu de me donner du courage. Je me prosternais jusqu’à ce que mon front soit marquait des grosses graines de terre dans lesquelles je l’avais enfoui. Je demeurais pendant un laps de temps inimaginable dans cette position jusqu’à ce que la force pénètre à l’intérieur de moi d’une manière si mystérieuse que je pus sentir gonfler mes veines par le flux du sang.

Je m’étonnais devant le fait que j’éprouvais dans la solitude une singulière frayeur, me sentant coupable, résigné en présence d’une autorité indicible qui se dressait devant moi, magistralement, comme pour m’obliger à me plier sous sa volonté. J’étais pourtant bien habitué à des régions solitaires que je ne parvenais absolument pas à comprendre comment je pus être autant perturbé par la solitude qui longtemps demeurait ma compagne favorite! Combien de temps n’avais-je pas passé tout seul dans les bois, soit à me consacrer à des ferventes prières, soit à me livrer à des longues méditations, soit tout simplement à me reposer? Que marriva-t-il pour que maintenant, au lieu d’éprouver les mêmes délices qu’autrefois, au lieu de savourer le calme avec le même goût, au lieu d’apprécier la solitude et les charmes de son silence je me sentais envahi par un bourdonnement perpétuel, par une espèce de conflit qui grouillait dans ma cervelle, par des bruits qui venaient remplacer ma surdité et m’obsédaient au point à me faire perdre la mémoire. Etait-ce la présence de Dieu qui augmente cette tension en moi ? Je sentais tout se tournoyait autour de moi et j’avais l’impression que je me laissais aller à la dérive dans un monde auquel je n’étais pas habitué. Cette sensation me poursuivit pendant un bon moment jusqu’à ce que je perde la notion du temps. Le calme s’établit dans mon esprit quand je me découvris me tordre de douleur.

Un extrait de mon roman l'Instigateur

https://www.amazon.fr/dp/B00BK29D9G

l'instigateur (MAÎTRES ET ESCLAVES t. 4) par [Kader Rawat] ​​​​​​​

Lire la suite

THE WIFE AND THE CONCUBINE (PEOPLE OF THE COLONY...

5 Septembre 2019 , Rédigé par kader rawat

Lire la suite

Une île lointaine https://t.co/fADG1gkAQf

21 Juin 2019 , Rédigé par kader rawat

Lire la suite

Une île lointaine

21 Juin 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 

Chapitre 2

Les bosquets étaient lugubres et ternes; les champs labourés par les esclaves la veille étaient humides encore par la rosée du matin; les plaines herbeuses étaient entassées de détritus où quelques animaux laissés dès l’aube par les habitants erraient; les portes des habitations, habituellement ouvertes à cette heure-ci étaient encore fermées. Omar eut le pressentiment que des choses étranges durent se passer durant la nuit. Des mystères semblaient planer au-dessus de la ville; ses yeux étaient habitués à voir se dérouler le rythme d’une vie qu’il connaissait. Il portait grands témoignages de son environnement et il ne pouvait se tromper; il demeurait pourtant devant un spectacle qui lui rendait perplexe et mélancolique; d’un pas mal assuré, titubant, comme pris d’un étourdissement soudain, dû peut-être à la mauvaise nuit qu’il avait passée, il se dirigeait dans la direction du quai; c’était bien là son but; il apprit de la bouche d’un cavalier pressé, effarouché, l’insurrection qui causait des troubles, des désordres, des frayeurs dans le cœur et dans l’esprit de la population.

Au lieu que les rues accueillaient les habitants, se remplissaient des tumultes aux décors grouillants de la ville, un aspect bien différent régnait partout. Les cris des enfants s’étaient éteints derrière les murs des maisons; ils étaient cloîtrés, condamnés à ne plus jamais laisser échapper dans l’air frais du matin ces voix remplies d’un chant mélodieux, voix innocentes qui d’habitude perçaient les ondes de l’espace, traversaient de longues distances pour aller se perdre dans les bruits fracassants de l’océan; l’absence des grincements des roues des charrettes remplies de marchandises et qui cahotaient dans les chemins défoncés, hissées dans un tintamarre par des esclaves robustes, et disparues ce matin là de la circulation était la preuve qu’il se passait des choses drôles, étranges, singulières. Omar lui-même parvenait avec grande peine à comprendre; les grondements des tonneaux sur les trottoirs, les bruits des sabots sur les pavés s’étaient tous tus; l’absence des habitants de la ville, des marchands du quartier, des étrangers jetait une atmosphère de tristesse et de désolation qui faisait peur, qui éveillait la crainte dans l’esprit; toutes activités s’étaient évanouies derrière l’ombre d’un cauchemar que l’île aurait dû bien vivre ces dernières heures, genre de malédiction qui aurait frappé tout un chacun qu’ils cherchaient à panser leurs plaies derrière les façades remplies d’ombre et d’obscurité; la vie semblait si mystérieusement volatilisée et les événements survenus étaient difficiles à expliquer et Omar lui-même, en voulant éclaircir son esprit, demeurait incertain et sceptique; il poursuivait sa marche solitaire courageusement dans les rues désertes.

Les portes étaient verrouillées de l’intérieur, derrière lesquelles se trouvaient aux aguets des moindres bruits singuliers qui leurs parvenaient à l’oreille, les citoyens, dans l’unique but de protéger leurs familles innocentes et sans défenses, les armes à la main, prêts à surgir sur quiconque voulait les perturber dans leur vie; les citoyens attendaient dans un silence absolu, non sans crainte de se voir d’un moment à l’autre attaqué, submergé même par quelques esclaves marrons ou autres espèces de ce genre bien décidé, les hachettes à la main ou autres instruments sanguinaires tels que serpes, sabres, faucilles, couteaux qui leur tomberaient dessus comme le glaive, les tranchant la gorge d’un seul coup sec, ou le crâne, faisant répandre la cervelle sur le parquet, alors que le corps, giclant de sang comme le jet d’une fontaine bouchée, tombait en amas de chair inerte, dans un bruit fracassant. Dans une chambre noire comme de l’encre, sans avoir le courage de pousser un cri, de prononcer une seule parole, tant la voix ne voulait pas sortir de la gorge serrée, alors que des silhouettes informes se déplaçaient et que, dans un désordre qui bousculait meubles et vaisselles, maîtres et esclaves s’entrelaçaient, gesticulaient comme dans un ébat amoureux pour s’achever dans l’assouvissement d’une vengeance si longtemps restée insatisfaite et qui demeurait le facteur principal de tout ce qui aurait motivé ces actes de barbaries qui se terminaient dans le carnage, dans la mutilation sans exemple, n’épargnant ni femmes ni vieillards ni enfants.

Quelques fenêtres des premiers étages des bâtiments s’entrebâillèrent et se renfermèrent - clap - démontrant à quel degré les habitants étaient devenus soupçonneux; la terreur de toutes ces pensées que les renvoyait leur imagination, jouait sur leur conscience, ne les laissant aucun moment de répit. La rumeur de ce qui fut advenu à la famille Thomas Derfield - dont l’histoire demeurait mystérieuse dans toute sa démesure - se répandait dans toutes les maisons de sorte à installer dans l’esprit de toute personne la crainte qu’un sort semblable les attendait, horreur qu’ils avaient bien du mal à soutenir, leur esprit étant bien trop faible pour supporter l’écho de tous ces malheurs qui pourraient leur tomber dessus.

Tandis que sur la ville une atmosphère de peur semblait régner partout, Omar, de son imagination troublée, confuse, de son oeil de suspicion et de méfiance, hésitait à poursuivre plus loin sa marche quand il remarqua dans un carrefour, tout près des casernes, des cavaliers qui surgissaient comme des fantômes pressés avant de disparaître derrière un nuage de poussière, ayant l’air d’être poursuivis par le diable. Omar ne pouvait aucunement ce jour là réaliser ce qu’il avait l’intention de faire : de s’acheter un esclave. Il pensait à sa petite fortune et décidait de ne pas se risquer dans les rues; malgré son état délabré, pitoyable, un malheur pouvait lui arriver, lui achever l’existence là où il ne l’aurait jamais attendu. Il décida de reporter ses démarches dans un jour bien plus propice, imaginant que le destin ne voulait pas qu’il procurât son esclave ce jour si néfaste. Bien qu’il remarquât que les gens rasaient les murs furtivement pour rentrer chez eux, il n’abandonna pas l’idée de se renseigner à la première occasion ce qui avait bien pu se passer pour que les choses lui semblent inhabituelles. Et pourtant ce qui se passait non loin de lui ne pouvait demeurer un mystère ni un secret pour personne. Les hommes s’étaient regroupés au fin fond des bois, se déplaçant dans l’orée opalescente du matin comme des silhouettes macabres avec entre les mains, baïonnettes, poudre d’escampette, fusils et tous les accessoires nécessaires pour une défense bien organisée que la garnison avait bien voulu mettre à la disposition des braves défenseurs et qui furent trimballer, dès l’aube, dans des chariots formant des caravanes sur les divers sentiers qui relièrent la ville aux différents quartiers de l’Ile. Tout en choisissant des positions stratégiques sous le commandement d’un officier de la milice, dans l’unique but de porter main forte à la garnison et de renforcer les régiments composés de quelques maigres poignées de soldats, ces défenseurs parmi lesquels s’étaient joints bons nombres d’esclaves bien décidés à rester aux côtés de leurs maîtres, des affranchis, des jeunes garçons poussés plus par la curiosité, par une aventure palpitante que par aucune raison bien plausible à définir leur présence dans ces lieux, tous ces défenseurs attendaient le moment décisif, le surgissement de ces esclaves révoltés comme l’ombre du démon dans l’effroyable obscurité du bois, rempli déjà des bruits sinistres parvenant des régions lointaines dans un silence bien effrayant, un silence de mort, un silence qui leur fit frémir jusqu’aux leur moelle, leur donnant envie de fuir, de ne plus jamais retourner dans ces lieux où les uns à plat ventre, les autres tapis dans le creux d’un arbre, ou derrière un taillis, dans un fossé, ils attendaient avec une inquiétude infinie, le glaive leur tomber dessus, la mort les surprendre dans leurs positions embarrassantes, les pieds longtemps engourdis, les mains ayant perdue toute énergie et les jambes recroquevillées pouvant à peine se remuer, l’esprit tari dans une frénésie incommensurable.

A un croisement de chemin, après qu’il ait assisté dans la perplexité au passage des esclaves enchaînés dans un long et languissant traînement de chaînes sur la terre dure des sentiers, escortés par un nombre inhabituel de soldats, Omar rencontrait un prêtre qui se dirigeait vers un presbytère au centre ville.

– Bonjour révérend, dit Omar, en s’arrêtant au bord de la route, essoufflé.

– Bonjour vieux Cheik, répond le Révérend, mais qu’est-ce qui vous emmène de si bonne heure et à un moment si inopportun dans ce quartier de la ville? Seigneur, vous tremblez. Vous devez ne pas vous sentir bien. Laissez-moi-vous accompagner jusque chez vous. Où voulez-vous que je vous emmène à notre diocèse? Nos frères prendront soins de vous.

– Non, merci Révérend. Vous êtes bien aimable. Mais le Bon Dieu me donnera du courage. Je ne suis pas si mal que ça. Dites-moi, mon Révérend, j’ai entendu parler d’une insurrection. De quoi s’agit-il? Je ne comprends presque rien malgré le peu d’explication qu’un malheureux cavalier m’a fournie.

– Ah ! Ça, vieux Cheik, je m’en doutais que vous ignorez tout pour vous trouver à vous promener jusqu’ici par une période pareille. Eh bien ! Durant la nuit il y eut une révolte des esclaves et beaucoup de maisons ont été brûlées, des granges, des champs de cannes et plusieurs centaine de personnes, des femmes, des hommes, même des esclaves tués, massacrés.

– Est où est-ce que cela s’est passé, Révérend? demanda Omar Cheik, inquiet.

– Dans le nord de l’Ile, dans les quartiers de Pamplemousses, de Rivière du rempart.

– Est-ce qu’on a pu capturer les responsables?

– A ce qu’il parait, l’instigateur de cette révolte, un certain Blake, aidé par les pirates, par des esclaves et même par des mercenaires a pu s’enfuir, soit caché quelque part dans l’île, soit en train de voguer quelques part en mer. Il avait emmené avec lui, la fille d’un riche colon, une certaine Roseline Derfield, pour lequel il travaillait comme régisseur. On parle aussi d’un nommé Charles, son antagoniste qui seul avait osé lui tenir tête malgré le peu de pouvoir qu’il détenait. Le Gouverneur est actuellement préoccupé à trouver remède à la situation et à se rendre dans les lieux pour constater les dégâts. Les soldats sont mobilisés et des détachements de régiments sont expédiés dans divers quartiers pour prendre contrôle de la situation. Plusieurs esclaves ont été capturés et seront exécutés, pendus sans qu’aucun jugement ne leur soit rendu. Ce Charles, dont je t’ai parlé, se représente comme un prodige, une personne dotée d’un pouvoir si extraordinaire, certains prétendent que c’est un illuminé qui seul pouvait apporter toutes les lumières sur les ténèbres qu’englobe actuellement cette affaire. Mais jusqu’à maintenant on ne l’a pas encore retrouvé, on est en train de le chercher partout parmi les décombres et les cadavres jonchés de-ci, de-là dans les plaines.”

Omar, en entendant cela, ne put prononcer aucune parole et bien que le Révérend lui fit ses adieux en s’éloignant dans la direction opposée, Omar demeurait longtemps dans une profonde réflexion ne sachant quoi faire dans cette situation si confuse. Tout en imaginant pouvoir se rendre sur le lieu par un moyen de transport qu’il n’aurait pas de peine à trouver, pensant à la charrue que pouvait lui emprunter Ragounadan un coolie qu’il connaissait de longue date et auquel il avait rendu de grands services, Omar se disait qu’il lui serait fort possible d’aller voir de ses propres yeux ce qu’il parvenait avec du mal à concevoir dans son imagination, malgré que de sa vie il ait vu des choses bien plus pires que ce qu’on lui avait raconté.

En retournant sur ses pas dans la direction de sa demeure, Omar constatait que les rues étaient moins désertes et que des gens commençaient à quitter leur demeure avec un esprit plus rassuré, moins frustré ; sur leur front se dessinaient des signes d’inquiétudes tout de même et leurs yeux demeuraient hagards aux moindres mouvements singuliers. Omar ne put s’empêcher de se demander si ses jugements ne lui faisaient pas défaut et si une résolution aussi brusque que d’entreprendre ce déplacement comme il l’avait prise dans son imagination ne contraignait pas sa santé par la suite.

– Non, se disait-il, ne connaissant de ce type, ni le sens de sa moralité, ni l’étendue de son honnêteté, ni la qualité de son caractère, il serait trop risquant pour ma vieille carcasse de lui avoir pour compagne du moins pour l’instant. Il me faudra tout d’abord le connaître, le voir, m’assurer qu’il m’inspire confiance afin que je puisse lui faire partager ma vie de misère. Je me ferais un devoir d’assister à ce procès dont m’avait parlé le Révérend, et qui se déroulera d’ici quelques jours afin de pouvoir déterminer s’il fallait que je porte mes intérêts à leurs égards, ou serait-il préférable pour moi de chercher ailleurs ce dont j’ai besoin, une assistance assurée pour me rendre dans mon pays natal. Voyons, vaut mieux attendre encore un peu, avant de pouvoir retrouver l’esclave qui voudrait bien s’occuper de toi, Omar. Tu t’es patienté pendant des années et il ne serait tout de même pas trop malin que tu essaies de précipiter les affaires, d’accélérer les choses dans une période aussi néfaste comme la situation se présente actuellement. Si les esclaves se révoltent aujourd’hui c’est que cela représente un très mauvais signe pour les maîtres. J’ai entendu bien souvent parler des émancipations par des gens venant des autres pays du monde et j’en ai bien peur que tout cela sont les indices des changements imminents qui pourront avoir lieu dans la population. Pour combien de temps encore les noirs supporteraient-ils la domination des blancs? Le monde évolue rapidement, les idées changent et les aspirations, les ambitions, l’intelligence s’entassent derrière l’aridité des cerveaux encore nubiles, sans toutefois pouvoir s’empêcher de s’armer de la volonté tenace de se libérer à jamais du joug des blancs, responsables des malheurs qui leur tombaient dessus. Ce serait peut-être manquer à un spectacle qui ne se reproduirait jamais en refusant à me rendre dans ce lieu où autant de sang fut versé. Les dernières années que je suis en train de vivre pourront ajouter d’autres expériences que j’aurai bien peine à effacer mais qui m’auraient fait voir davantage de ce qui devait être vu sur cette terre. Ragounadan saurait me dire si le trajet m’emmenant vers le nord ne présente pas de trop grand risque.

En rencontrant Ragounadan dans son écurie en train de traire une vache, Omar n’hésitait pas de lui parler de son projet et sa résolution de s’acheter un esclave.

– Si ce n’est que ça qui t’intrigue, mon cher Omar, lui dit Ragounadan, je connais un marchand d’esclaves qui sera ravi de te présenter sa collection, les meilleurs des esclaves que tu puisses t’en procurer de toute la région. Tu pourras avec lui faire une bien bonne affaire et j’en ai vu moi-même de mes propres yeux, des grands gaillards bien costauds, musclés, détenant une énergie de fer et pouvant te servir jusqu’à la fin de tes jours. Si tu as ton argent prêt, Omar, comment penses-tu que tu ne pourras te procurer ce dont tu as besoin? Laisse moi t’y conduire dans quelques instants et tu verras que je ne t’ai pas raconté des baratins; tant qu’à si tu pouvais te rendre dans les quartiers sans courir le moindre risque je dois être franc avec toi pour te dire que ce n’est ni le jour ni le moment; je ne te le conseille pas. Tout à l’heure, pendant que j’allais chercher de la paille dans les champs de canne, quelques officiers que j’aie rencontrés par hasard, m’avaient conseillé de me rendre au plus vite à la maison si je ne voulais pas perdre la vie sans que j’aie même le temps de prier. Vois-tu un peu combien la situation est devenue critique. Et maintenant faible comme tu es, Vieux Omar, à quelle dimension pouvait être ton courage pour bien vouloir affronter seul, sans aucun moyen de défense, les vagues déferlantes des révoltes. Je comprends combien ta vie sédentaire t’exige à te faire protéger par un esclave et pour cela je suis bien disposé à t’en chercher un qui te serait d’un bon choix. Je pouvais même t’en recommander quelques-uns uns que je suis certain seraient de ton goût.

 
Lire la suite

A distant Island https://t.co/TjlH2wRtUd

20 Juin 2019 , Rédigé par kader rawat

Lire la suite

A distant Island

20 Juin 2019 , Rédigé par Kader Rawat

A distant Island

Several nations crossed the Indian Ocean in the early 18th century. The French were the first to be really interested in Île de France. The Dutch, who were there, left it forever. They were disappointed, discouraged and even disinterested perhaps by its wild state and the distance that separated it to the great continents.

The Indies Company came to settle there. They looked rather for a port to shelter their vessels during the four long cyclonic months.  Île de France had not really great thing to offer. It was covered with dense vegetation. There were swamps, ravines, rivers, creeks, stretches of plains, forests still virgin, lakes lost in the woods, beautiful, finest white sand beaches, attractive coastal regions, and a number of fowls, eels, fish, and turtles. 

Between Port Warwyke, later Grand Port and Port North West, they opted for the latter, which was later called Port-Louis. This region of the island was separated at that time into two parts by a swampy ravine carved by mountain streams The Thumb. Thick vegetation extended up to the dreary of the discovery, today the Signal Mountain, and the district Remparts to the left and up to the district of the river Latanier to the right.

Palisades boxes, earthen and straw huts, and barracks covered with lataniers leaves served to homeless men of the East India Company and to the soldiers.

It was the beginning of a long work assiduously developed under the leadership of great men like the Governor Mahé de Labourdonnais, the Intendant Poivre, the Bailli de Suffren; their efforts, at different periods, helped to the formation of a well-built settlement in these lands and whose footprints marked the future generations.

Several important buildings such as the Hotel of the Government, the hospital, the barracks, the lodge, the parish church, housing, offices, and even a penal colony for the Maroons, repeat offenders, criminals, troublemakers were built in various places in the city. The residential and commercial areas extended to places were activities were taking momentum. A variety of plants and animals reached the island later on. The forests were proliferated with various animals, monkeys, turtles; some regions were transformed into orchards, gardens for these exotic plants coming from around the world. The colonial agriculture found its birth in the approaches and activities that the agronomists, botanists, and gardeners put in place for the implementation of major projects that took considerable dimensions years after.

 While the Director of the East India Company found in Port-Louis a fortified house, a warehouse, a port of call, the Governor Mahé de Labourdonnais found rather a well-built town in the Indian Ocean. Several services were already put in place on the Island. The openings of the accessible roads connecting one neighborhood to another helped the inhabitants to move with facilities. The settlers were engaged in frequent trips inside the island. A lot of people coming from distant regions and eager to become, wealthy, approached the Island with the intention of settling there and make fortune as quickly as possible. The arrival of the committed Indian, Malagasy and African slaves, did increase in a short time the number of inhabitants. The French fleets, in the arms race and the conquest of the land, often clashed with English squadrons who showed highly feared. During the Seven Years’ War, the East India Company, willing to act on its own, was completely ruined transferring all its outlets in India and at the same time the Île de France against a large sum of money to the King of France.

The activities in Île de France became at this time intense. The Island had the reputation of being the nest of pirates. Several unscrupulous men landed there to make fortune on public misery. At sea, privateers, pirates, filibusters, merchant ships, were struggling for survival. The natural disasters, calamities, bloodshed, and massacres could not be avoided. Only the most cunning, the most powerful, the best equipped, best prepared were spared. The settlers gathered at the parties that the officers of the quarters organized. People were having fun at parties, festivities. The settlers’ children became accustomed to the worldly life by sources of distractions that people anxious to organize their lives were at the very heart of the fledgling company.

The arrival of the royal administrators wore other changes in the appearance of the Island. In a short time, the repairs of dilapidated buildings were carried out. Exceptional recoveries of agricultural activities allowed the island to buy export-ready food products. Three water mills manufactured flour, bakery, shops; a printing press was put in place and working beautifully. Food products also abounded the Island and allowed the inhabitants to take advantage.

Although the licentiousness among whites as among the blacks reached a considerable proportion, the royal administrators had a hard time to suppress these immoralities of old date. This, by cons, not so much affected the manners of the island.

The cabarets of the city welcomed everyone, thirsty for entertainment; the presence of officers and settlers from distant areas was very marked. The scandals, the multiple public clashes, the confrontations between individuals or group of people, the social conflicts, and the screw-ups of disorders were strongly reprimanded by the people having the competence to maintain public order and to enforce it. The current laws decreed by the Council, the black slave trade, the notices, and announcements reached the general public by normal ways of decent and adequate manners.

The militias were circulating the area and chased the miscreants, bandits, criminals, thieves of the major railways, the brown blacks. The commanders of the district had a very delicate task to bring order and justice. They were constantly faced with difficult situations, which could complicate their lives.

Masters and Slaves had to respect regulations and anyone, looking to break the law, would not be spared from the yoke of justice. But how many of the social injustices, which were never respected, denounced? The weak always suffer in silence the law of the strongest and it is only justice that comes from heaven which gives the balance to the situation.

When the war of American independence was broke, Île de France, because of its strategic position, helped the French under the command of Bailli de Suffren, to lead a glorious war against the British in Indian waters, around Pondicherry. The British suffered heavy losses and unimaginable defeats. They recognized the importance of Île de France in the Indian Ocean. Their courage and their determinations to defeat turned their eyes toward this island that they were trying to seize.

Obviously, at a time too remote, similar islands in almost all parts of the world were the least protected against attacks from the outside. The garrisons and the fortresses weakened under the relentless onslaught of enemies. The strongest only exercised their domination. Aside from such dangers, these places were constantly threatened by internal conflicts that were causing many problems in the population.

Île de France was not spared from these crises, which awakened within the population the fears, the frights, the uncertainties of the existence that people felt like this morning, the news that announced and described the horrors of a night was bumping against the deaf ears even by sleep, but startled, stunned by what was said, by what we told. Port-Louis emerged from the darkness as dawn was breaking.

The lights of the invasive sunrise hunted too dark shadows by the absence of the moon. Omar was in his miserable checkbox in the suburb of Port-Louis. He was already awake, but could not move. He made an effort yesterday carrying furniture he had sold to a trader in the city. He was exhausted and felt severe pain, which had made him grow long complaints often mixed with croaking frogs. No one heard.

The death could surprise him in this state and in even worse conditions, without anyone knowing. Omar had a habit of waking up early in the morning. Only the disease could hold him back to bed. He asked God to help him, to give him his strength, not to abandon him in such an important moment of its existence. He recognizes in himself a man too old to continue to live alone. His state of weakness, the poor night he had spent so overwhelmed that he was convinced that he only had little time to live. The disease often disturbed his thoughts and made him see reality.

"I don’t have to live all alone anymore", he said, "I am too old and I need help."

He heard the rooster crows that announced the approach of the day. He wanted to get rid of this nightmare which began to frustrate him. He noticed the dark glimmers which infiltrated by the interstices of its checkbox. The cold which got through the exits had no effect on the old Omar. The mattress was wet from sweating. Throughout the night Omar was overwhelmed by cramps and fevers. He got up with a lot of penalties and of willingness to prepare an herbal tea with plants that he had recovered in the mountains and he had piled up on the shelf next to his bed.

"Your old carcass will not hold for a long time Omar", he said, turning on the fire, "you will leave this world well before that you imagine, and without having done your duty. Who cares about you, your existence? Your face wrinkled, your white beard means nothing in the spirit of these few buggers of the district you know. Your presence in this society is but the shadow that we forget so quickly. You should flee before it is too late. Yet, old fox, if we knew that you possess a fortune so vast, the world would be at your feet. But did you not always flee the company? You feared so much the rich that you resigned yourself in spite of your fortune, to remain poor. It is your belief. Life has taught you lessons that you cannot forget so quickly. And then note that you have lived a life marked with misfortunes. "The barking of dogs showed him the sunrise.

People went to the fields. He greatly opened the window to invite the fresh air to enter into the three empty parts of its case. 'This pure air', he thought, "which comes from the mountains hunting the diseases. I, therefore, have any chance to heal me. I do not intend to keep the bed and rot in this room. A would land slaves this morning. I must not miss this opportunity. It is absolutely necessary that I should visit the pier to buy me a slave. I have a great need.'

The hinge side of the window was detached from the wood. The flying gave the appearance of wanting to fall from one moment to the other. Omar looked worried by looking at trees. His mind was elsewhere. While he was preparing to go out, his eyes were expressing a certain sadness by crossing dark and empty rooms, which repulsed his memories that he could not forget. He very much regretted the old furniture, which was his only companion during his hours of solitude, his misfortunes and disorders. This furniture represented the indications and the testimonies of a turbulent life lived in the depths of the islands at a time where the existence depended on the bravery, strength, of the intelligence and luck. His past reached him by bit in memory, to him to review in an imagination otherwise low of the least troubled the sequences interspersed with his life, reminding him of the circumstances which had led to the acquisition of old furniture of value and this treasure that he checked every night before sleeping. It was to monitor all alone the treasure that Omar had never wanted to introduce anyone in his miserable accommodate. Indeed, his condition was so deplorable that people neither had for him attention nor visited him. Omar had carried for a long time his observations, his studies on what motivated and interested people in the world. The fortune alone could exercise on a whole people the influence and the undeserved attention of unscrupulous people the holding between their hands by the exercise of the dishonesty or by other dubious procedures. Omar had chosen to conduct his life in his own way and it delighted him! It was enough for him. Omar had a past which often caused him the obsession.

The sale of furniture related to his decision to leave the island to join his family in India after more than forty years of separation. As he entered the old age, his ideas turned to its past, to his very origins. He pampered for a long time the idea of finding his family: his children he had left behind quite small and his wife who had never left his imagination.

He spent a long time to go back in time and to see the life cycle of misery in the streets of his hometown Gujarat in India. He separated from his family by the confusion that caused the strife in his country. Hired by the men of the East India Company, the coolies wanted to escape the poverty which rages in their country in the suppression of English. They boarded the ship, leaving behind families, parents to serve on distant islands. Omar was one of those people in distress and traveled for a long time in the ships that roamed the seas; he faithfully served the French teachers, attended in their maneuvers, defended against the pirates, protecting his best during severe storms. He carried in sedan chairs during long walks in the depth of the islands. The force that he had deployed in his youth, his suffering, the experiences that he had acquired, had made him a clever man, shrewd and tough.

By opening the drawer to take the currency he had won the day before the sale of furniture, Omar was seized with an unspeakable weakness. He stood for a while at the end of the table. He felt shooting pains. He had never felt such symptoms before. He always avoided being examined by a doctor. He preferred to fight his health complications on his own, using his knowledge of medicinal plants. And yet that day his afflictions, his state of old age, his despairs, made him think he had fragile health. He had already started to wear his health care if he did not want to lose a life by negligence, leaving the future unanswered, dreams in progress, unfinished projects. This dream was to be able to assign to his family, condemned in the intense misery of life, this treasure he had acquired as a reward by a French captain he had saved a long time from the hands of pirates torturers, who chased him, stalked him to the confines of this island. Omar, deploying at that time all his force and his wiles, had hidden it in a cave. The poor captain was tired, exhausted and lugging with him a fabulous treasure, a purse containing hundreds of gold coins. The captain imagined that his life was priceless and gave Omar eagerly a handful of these parts before disappearing forever in nature by a stormy and gloomy night. This wealth, buried therefore under the ashes of his home, composed of three large carved stones, remained the same index of conflicts that the privateers were conducting pirates of the high seas; these pirates came from the Caribbean, to sow the disorders among the merchant ships and in the various islands of the oceans. If in seas their skills made them famous, relentless, on earth they suffered enormous losses without ever decide to resign them, to repent or even to amnesty if their case did not seem necessary.

The possession of such wealth was never for Omar an object of temptation to try to use his property in order to compete for the richest people of the city. He always compared the wealth to the honey and the people to the ants, which approach only to take advantage. In fact, he did not want to engage in business that could get him into trouble. He had never wanted to either mix his life with which he could not adapt. To be rich is a good favor, but to live free for Omar is much better. This choice to prefer the freedom to wealth was made while he was serving a bourgeois family, parents of the Governor, in the district of Moka years ago. An epidemic had wiped out the entire family. Omar himself was seriously ill but his constitution saved him.

Now that he was in an advanced age, his failures gave him doubts and even worries about his health, persuading him again of a few days he had left to live, and just throw a dull glow, in his suffering, on his forehead: regret not being able to live his life as he had always wanted, while near his family. He began by having the conviction of never being able to achieve his dream that he had cherished for years during his miserable life, in a fantasy designed firmly, with resolution and with promise that never the idea of a life of splendor, grand, exuberance, was to tickle the spirit nor touch his thought in the absence of his family and in the instar of a miserable life which the latter, in an incomparable world, had to lead. The resolution he had taken this morning, which had abducted him from his sight the veil that hid his real existence to buy a slave who would take care of him and help him in his efforts, had given him courage, despite the trouble he must have felt to get up to go to the auction in the public square, in downtown. By making the last effort to close windows and doors, Omar left his home and engaged in a rutted path, covered with herbs and other wild plants, still wet by the morning dew; his box was hidden behind trees and was hardly noticeable to passersby. With measured steps, the overcoat blown by a moderate breeze, Omar made his way across to other miserable huts in the area.

 

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>