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UN AMOUR DE JEUNESSE Chapitre 1

4 Mars 2011 , Rédigé par Kader Rawat

                                                      Chapitre 1

Ma naissance coïncidait avec la fin de la deuxième guerre mondiale.

La naissance d'un enfant a toujours été un événement important dans l'histoire d'une famille. Encore plus important l'arrivée d'un premier enfant qui est attendu avec des sensations nouvelles, de fortes émotions, de grandes espérances et de joies inouïes. Seule la mère qui porte l'enfant pendant les neuf longs mois, pénibles des fois, connaît les douleurs profondes de l'enfantement et l'intense bonheur de pouvoir mettre au monde un être qui apporte lumières et félicités dans un foyer et qui représente même tout le symbole, toute la preuve de l'amour éprouvé par deux êtres dont l'existence se voit davantage soudée et consolidée pour que le père puisse partager égales émotions et autant de joies.
Ma naissance coïncidait avec la fin de la deuxième guerre mondiale. C'était une période difficile pour la population de l'île de la Réunion, encore Colonie Française à l'époque. La pénurie des marchandises avait permis aux commerçants malhonnêtes de profiter de la situation. Le pays ne parvenait pas à se relever de la misère. Des gens se regroupaient devant les portes des boutiques depuis tôt le matin pour acheter quelques kilos de manioc, de maïs ou de bacon. Plusieurs personnes sans scrupules furent arrêtées, traduites en justice et condamnées à payer de fortes amendes. Les ventes au marché noir étaient monnaie courante. Le temps était difficile, dur, impitoyable. Mais j'étais bien là, minuscule, nue comme un vers de terre, à pousser des grands cris aussitôt que le cordon ombilical fût coupé et qu'on m'éloigne de cette chaleur maternelle. On pourrait interpréter cela comme un signe distinctif de liberté. Pour maman c'était la délivrance après m'avoir portée avec un courage exemplaire pendant neuf longs mois. Je pesais si lourde, trois kilos cinq cent au moins, que l'accouchement avait duré pendant longtemps. Heureusement que plusieurs personnes s'étaient réunies ce jour là pour aider maman à me mettre au monde.
C'était un vendredi, juste après l'heure de la grande prière. Mon père était rentré au moment où j'étais encore dans les bras des personnes qui me donnaient mes premiers soins. Quand je fus déposée dans le berceau qui se trouvait tout près du lit, mon père s'était approché de moi et avait donné l'Azan dans mon oreille droite et l'Ikamah dans mon oreille gauche. Tout enfant musulman qui vient de naître doit entendre cette attestation de foi et cet appel à l'adoration de son Créateur.
Je fus particulièrement admirée dès ma venue au monde par les grimaces que je faisais pour réclamer ma ration. Ma mère n'était pas portante pour satisfaire ma demande de la journée. Elle aurait dû avoir recours au lait en poudre par boite que mon père procurait chez les commerçants qu'il connaissait en ville. Il était magasinier dans une entreprise commerciale qui venait d'ouvrir ses portes à Saint-Denis et qui était spécialisée dans l'importation des tissus et des matériaux de construction.

Au fait, mon père était originaire de l’île Maurice qu’on appelait aussi l’île sœur. Pendant que la guerre fit rage en Europe, mon père se rendait souvent à l’île de la Réunion pour vendre des marchandises dans les hauts. Il voyageait par bateau en trimbalant des valises remplies des bric à brac pour aller sillonner les sentiers des hauts afin d’écouler ses marchandises. C’était de cette manière qu’il gagnait sa vie. Ma mère vivait dans une famille nombreuse à la Montagne. C’était l’époque où nombreuses familles quittaient la ville pour se réfugier dans les hauts par crainte que les allemands bombardent la capitale. Ma mère était le cinquième enfant d’une famille chrétienne et devait avoir vingt ans quand elle connut mon père. Elle était une belle fille, avec un teint clair, de longs cheveux châtains, un nez pointu et une physionomie à la Nastasia Kinsky de Tess d’Urberville.  La première fois que mon père l’avait vue, était un dimanche matin et elle revenait de l’église de la délivrance de Saint-Denis. Il était frappé par sa beauté, ses démarches nonchalantes, sa désinvolture mais n’était pas encore amoureux d’elle. Mon père avait 22 ans à l’époque. Coiffé comme Rhett Butler dans Autant en emporte le vent, avec sa petite moustache mince au dessus des lèvres, il dégageait un charme auréolé d’un charismatique qui ne laissait pas insensible les femmes. Mais ma mère n’était pas attirée par lui. Elle vivait dans une famille nombreuse au 15ème kilomètre et était suffisamment occupée avec ses frères et sœurs et répondre aux taches ménagères dans la journée. Son père travaillait dans un atelier de fabrication des meubles au Port et il devait quitter la maison très tôt le matin pour ne rentrer que tard le soir. Sa mère était malade et ne pouvait pas assumer toute seule son ménage. Ma mère s’appelait Sylvie. Trois sœurs plus âgées étaient déjà mariées et vivaient dans les autres villes et villages de l’ile. Un grand frère qui avait terminé ses études travaillait dans une société de transport basée dans l’ouest. Il occupait un logement à la Possession, à quelques kilomètres de son lieu de travail et vivait en concubinage avec une fille qu’il avait rencontrée au lycée professionnel qu’il fréquentait à l’époque qu’il étudiait encore. Il venait leur rendre visite une ou deux fois par mois. Trois frères et deux sœurs entre huit et dix-sept ans étaient encore à la charge des parents.  Les trois frères étaient des internes dans un lycée situé à Saint-Denis et les deux sœurs fréquentaient l’école de la Montagne où elles se rendaient tôt le matin pour retourner vers cinq heures de l’après-midi. Ma mère allait les chercher au bout du sentier, souvent munie d’un parapluie par ce qu’il pleuvait souvent dans la région.

Ma mère aimait se rendre coquette. Elle allait souvent en ville pour acheter des provisions pour la maison et profitait de l’occasion pour faire des lèches vitrines dans les rues principales quoiqu’elle n’ait pas d’argent pour se permettre de se faire plaisir. Elle admirait les belles robes exposées dans les vitrines des magasins, rêvait de porter des belles chaussures de marque et restait longtemps devant une bijouterie à admirer des chaines en or, des bagues en diamants, des marquises et des colliers de perles.  Le hasard voulu qu’une fois en attendant le bus à la gare du Barachois elle tomba face à face avec mon père qui venait de débarquer dans l’île et qui passait par là. Il avait insisté pour l’accompagner jusqu’à chez elle quoiqu’elle n’avait pas trouvé cela une bonne idée. Il s’était installé à côté d’elle dans le bus mais n’avait pas échangé un mot tout le long du voyage qui pour ma mère avait duré une éternité (ce qu’elle avait raconté plus tard dans ses anecdotes) tant elle éprouvait la crainte de se faire remarquée par les gens qui la connaissaient et réprimandée par ses parents quand ils seraient informés, pour s’être affichée ainsi en public avec un homme. C’était un moment décisif pour ces deux personnes qui s’ignoraient le plus absolument possible et qui ne nourrissaient envers l’un l’autre aucun sentiment qui aurait pu les rapprocher. Mais faut-il aussi comprendre qu’une telle démarche, autant audacieuse qu’elle puisse paraître, était le déclic qui allait rapprocher deux êtres que tout séparait. C’était le déclenchement d’un mécanisme qu’aucune règle ne pouvait arrêter. Quand ma mère avait compris que cet homme s’intéressait à elle, elle n’en croyait pas. Elle ne pouvait comprendre comment était-ce possible qu’un amour puisse exister entre cet homme dont elle ignorait tout de son histoire et elle-même qui était d’une confession différente. Pourtant dans son cœur innocent encore, se manifestait des parcelles de l’élixir que l’homme avait injecté par ses regards, sa douceur, les quelques paroles qu’il avait à peine le temps de prononcer. Elle avait commencé à penser à lui. Et c’était à partir de la que cette pensée allait contaminer ses sentiments qui n’auraient pas de répit. Quand il se présentait devant la maison son cœur tressaillit. Elle commençait à éprouver pour lui des sentiments et le plus difficile restait à faire. Mon père était un homme qui était prêt à tout faire pour arriver à ses fins. Lui aussi vivait dans une famille nombreuse dont la situation financière était loin d’être confortable. Dix enfants au total dans une famille qui dépendait des revenus d’un père vieillissant et souffrant. Les enfants qui avaient atteint l’âge qui pouvait les permettre de se débrouiller n’avaient pas de choix. Beau Bassin où la famille vivait dans une vieille maison en tôles était une ville qui ne présentait à l’époque aucun attrait, et les perspectives de pouvoir trouver un travail étaient quasiment inexistantes. Chaque membre de la famille devait prendre sa destinée en main et d’essayer d’apporter ce qu’il pouvait pour contribuer à nourrir les autres.

L’île de la Réunion était encore une petite colonie française perdue dans l’océan indien. Elle présentait des potentialités que seules les personnes avisées sauraient reconnaître. Mon père faisait parti de cet infime nombre de gens qui était prèt à miser gros pour tirer tous les avantages possibles des situations encore précaires. Il avait décidé de poursuivre son avenir dans cette île en relevant tous les défis, affrontant tous les obstacles qui pouvaient entraver ses démarches.

Il avait tout simplement demandé à ma mère si elle accepterait de partager sa vie. Elle avait mis du temps pour prendre une décision et pour informer en même temps ses parents avant de donner son accord à mon père.

Il avait trouvé un logis dans la capitale et ils avaient commencé à vivre en couple. La guerre en Europe pris fin. Un an plus tard je fis mon entrée dans ce monde. 

Je faisais l'objet de bonheur qui comblait mes parents dans leur vie conjugale. J'avais désormais augmenté considérablement les dépenses de la maison et mes parents devraient se montrer prudents pour ne pas épuiser le maigre salaire de la fin du mois. J'étais précoce et ne tombais pas malade souvent. J'étais joyeuse quand j'avais eu ma dose. Je m'habituais facilement aux gens de mon entourage et quand je commençais à prendre de force, les voisines m'emmenaient chez elles pour passer la journée. J'avais la mauvaise habitude de tout ravager pendant mon enfance. Je grimpais sur les coiffeuses, ouvrais les tiroirs, montais sur les tables, brisais tout ce qui se trouvait à la porté de ma main et me permettais de m'amuser de ma farce. Je boudais et me jetais carrément par terre quand on m'emprisonnait dans un parc. J'aimais tellement gesticuler que je pouvais à peine rester sans rien faire. Je cherchais refuge souvent dans les bras de mes parents.
Mes parents étaient des gens pieux. Depuis mon très jeune âge je compris les craintes qu'ils ont envers Allah. Ils se réveillaient tôt le matin et consacraient énormément de temps dans la lecture du Coran. Mon père se rendait à la mosquée pour pratiquer les cinq prières obligatoires. Le matin quand il rentrait avec du pain et des croissants achetés à la boulangerie située à deux coins de rues de notre maison, j'étais déjà réveillée. Il portait un courta blanc et un bonnet turc sur la tête. Il se rendait des fois dans ma chambre, une pièce étroite et sombre où il y avait un petit lit et une penderie pour ranger mes vêtements. Il s'assit tout près de moi pendant quelques minutes pour me demander si j'avais bien dormi, si j'avais fait de beaux rêves en me caressant le visage. Ensuite il allait voir maman dans la cuisine. Elle s'assit toujours dans un sofa placé tout près de la porte pour profiter de l'éclairage et lire le coran. Sa tête était couverte d'un châle couleur sobre acheté à des marchands ambulants.
J'allais souvent les rejoindre pendant qu'ils buvaient le thé chaud et fumant. Je m'installais sur les genoux de papa et appuyais ma tête contre son épaule. Je voulais m'assoupir encore un peu en écoutant leur voix. Ils causèrent pendant un bon moment avant que papa ne décidât d'aller travailler. Les rayons de soleil commençaient à s'infiltrer à travers les vitres. Il faisait grand jour. J'avais un an quand la Réunion devint Département Français.
Quand j'étais assez grande et que mes parents me laissaient sortir toute seule, j'allais jouer avec des amis qui habitaient tout près de ma petite maison. Nous aimions beaucoup nous promener dans les rues commerciales pour admirer les vitrines des magasins. Nous passions dans des régions où nous pouvions regarder, à travers les grilles, des cours couvertes de gazons encore humides par la rosée du matin et des grandes maisons. J'aimais beaucoup contempler les belles maisons coloniales encadrées par des beaux et gigantesques arbres fruitiers et qui faisaient la fierté des propriétaires et des occupants.
Ma mère me faisait apprendre les rudiments de ma religion. Je récitais des longs versets du Coran le soir avant de dormir et pratiquais souvent la prière en sa compagnie. Quand j'étais admise à l'école je prenais l'habitude de me réveiller tôt le matin. Je mettais du temps pour me préparer. Avant de choisir une robe je demeurais pendant longtemps devant la penderie. Mes amies avaient du goût pour l'habillement. Je ne voulais pas paraître médiocre dans leur compagnie. Ma mère me criait souvent après pour me rappeler que je n'avais pas besoin de me faire coquette pour me rendre à l'école. J'avais du mal à l'expliquer que pour moi c'était important de porter des vêtements à la mode. En classe je mettais beaucoup d'application dans mes études et m'étais vite fait remarquée comme une élève brillante, appliquée et disciplinée.
Mes parents m'emmenaient souvent visiter les autres quartiers de l'île. Nous sortions le matin avant que le soleil se lève. Nous roulions pendant longtemps sur les côtes des montagnes. Nous arrêtions souvent dans les rampes pour admirer les paysages pendant que le moteur de la voiture refroidisse. Le parcours était épuisant mais j'appréciais beaucoup ce moment qui me donnait l'occasion de découvrir des coins charmants de mon île. Des amis et des connaissances de mon père qui venaient de Maurice ou de Madagascar passaient souvent leurs séjours à la maison. Mon père les emmenait visiter le volcan, les cirques et leur faisait faire le tour de l'île. J'eus donc la chance dès mon très jeune âge de connaître des endroits forts intéressants et d'admirer des paysages grandioses et pittoresques qui me fascinaient la vue.
J'étais devenue jeune fille à dix ans. Ma mère qui ne m'avait pas encore préparée pour un tel événement s'étonnait de ma croissance rapide. Quand je rentrais à la maison un après-midi après les heures de classe les yeux remplis de larmes parce que j'avais commencé à saigner et que cela n'arrêtait pas, ma mère s'affolait devant la situation et m'emmenait dans la salle de bain pour me laver, pour me montrer les usages et pour m'expliquer sur la menstruation. J'étais bien embarrassée au début et quand le soir mon père me regardait avec un air de contentement, je devinais que ma mère l'avait déjà mis au courant. J'éprouvais une honte qui me faisait réfléchir sur le changement qui s'était effectué dans ma nature.
Au collège, ma vie devenait intéressante. Je nouais amitié avec beaucoup de jeunes filles de mon âge et passais en leur compagnie des moments forts agréables. Je me trouvais dans une société qui évoluait bien vite. Je pris très tôt conscience de la réalité des choses et ne tardais pas à comprendre que pour frayer mon chemin convenablement dans le milieu scolaire j'avais toute raison de respecter les lignes de conduite et de ne pas ignorer que le succès appartient à tous ceux qui savent prendre des initiatives et que la chance ne sourit qu'aux audacieux. Entre-temps la situation de mon père s'améliorait. Il achetait une camionnette Peugeot 404 d'occasion qu'il utilisait pour se rendre à son travail en même temps qu'il me dépose devant l'établissement scolaire. Mon père avait l'intention d'utiliser la camionnette pour vendre des marchandises dans les hauts pendant les week-ends afin d'arrondir sa fin du mois. Il avait des projets pour l'avenir. Il voulait s'acheter une maison dans la ville. Il avait aussi de l'ambition. Il voulait réussir. Donc il n'avait pas intérêt à rester les bras croisés. Il avait raison de bouger, de saisir sa chance. La ville de Saint-Denis offrait plusieurs perspectives à la réussite. L'activité commerciale paraissait l'une de meilleure par laquelle la fortune pourrait être faite en peu de temps si la personne qui s'y intéressait parvenait à trouver le bon filon.
Un de ses amis lui mit en rapport avec un négociant de quartier qui voulait lui acheter sa camionnette. Comme il n'avait pas l'intention de la vendre, il avait mis un prix qui représentait le double de ce qu'il avait payé. La personne en question accepta l'offre. Le bénéfice de cette transaction s'égalait à son salaire du mois. C'était là que mon père eut l'idée de se lancer dans le commerce des voitures d'occasion.
Une fois en sortant de l'école ma mère m'apprit que nous devrions nous rendre à l'île Maurice. On avait eut dans la journée un télégramme disant que mon grand-père paternel était gravement malade. Mon père avait déjà fait les démarches nécessaires auprès de la Préfecture pour obtenir nos passeports. Ensuite il était allé voir le proviseur de l'école pour me faire avoir l'autorisation de m'absenter pour quelques jours. Ce voyage était mémorable pour moi et en évoquant le souvenir ici c'est comme si je l'ai vécu hier. Un ami de mon père nous avait déposés sur le quai au Port dans l'après-midi. Nous devrions embarquer par le navire Jean Laborde. J'étais malade toute la nuit et avais fait un très mauvais voyage. Mon séjour à Maurice était bref. Mon grand-père que j'avais vu qu'une seule fois sur son lit pendant qu'il était bien malade mourut peu après. Une semaine plus tard nous étions de retour à la Réunion.
J'avais pris l'habitude, en retournant de l'école les après-midi, de m'attarder en chemin. Je livrais conversation pendant des heures avec des copines de mon âge sur les coins des rues. Parfois je me rendais chez elles pour demeurer jusqu'à une heure avancée avant de me décider à rentrer chez moi. Nous écoutions de la musique en mettant plusieurs fois le disque sur un gramophone et copions sur une feuille de papier les paroles des chansons. Ma mère ne voulait pas comprendre que j'étais avec des amies et me reprochait souvent de ma mauvaise conduite et soupçonnait même que je passais mon temps avec des garçons du collège. Pour prouver à ma mère qu'elle se trompait dans ses jugements j'invitais mes copines à la maison et ma mère était contente de les connaître.
A seize ans, je resplendissais de joies et découvris de tels charmes qu'en marchant dans les rues, je sentais les regards des hommes peser sur moi. Je ne me laissais jamais aborder par des garçons qui voulaient me faire la cour et j'évitais de livrer conversation avec eux. Je tenais à ma réputation. Je suivais les conseils que ma mère me donnait. Je préférais m'éclipser aussitôt que je devinais l'intention des garçons qui voulaient m'adresser la parole à la sortie de mon établissement. Je n'avais pas de copains encore quand je commençais à fréquenter le lycée du butor. Je n'en voulais pas.
J'échangeais quelques fois des brèves paroles avec des élèves de ma classe et nous ne parlions que de devoirs et de leçons. Je préférais la compagnie de mes copines avec lesquelles je me sentais tranquille.
Je n'avais jamais éprouvé de regrets en me comportant de cette manière. Je ne savais pas que j'étais en train de transgresser les lois toutes naturelles du lycée en cherchant à me faire passer pour une fille sérieuse et pudique. Les soupirants commençaient à manquer de patience. Je n'allais pas pour autant changer mon comportement. Je demeurais insensible aux attentions qu'ils me portaient, indifférente à leur approche et sourde à leur appel.

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4 Mars 2011 , Rédigé par OverBlog

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