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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 31

29 Mars 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 

Je n’hésitai pas à aller me renseigner auprès de mes amis du budget mensuel nécessaire à un tel établissement et constatai dans la plus grande stupeur que, vivre ici à deux, n’était pas dans les moyens de mon budget.

J’essayai de faire comprendre cela à mon père.

 « Il est bien temps  pour toi de te marier, mon fils, me dit-il. D’ailleurs tu as déjà un poste au gouvernement, ce qui est plus ou moins rassurant pour ton avenir. Quant à ton mariage, il est temps que tu te décides. Je ne te force pas la main, tu le sais bien, je n’en ai pas le droit. Mais combien de temps encore comptes-tu courtiser ta cousine ? Elle est arrivée en âge de se marier, sa mère est en train de refuser toutes les demandes qu’elle a reçues car elle approuve de tout cœur cette alliance. Moi-même  je suis embarrassé quand je te vois en train de compromettre ta cousine en public. Je me disais que pourvu que tes intentions soient bonnes. Personnellement, je ne suis absolument pas contre que tu épouses cette fille.

—  Mais, père, dis-je, ce mariage va vous coûter une fortune et vous êtes dans l’embarras. Où allez-vous vous procurer cet argent ? Je ne suis pas capable de vous aider dans cette entreprise. 

—  Nous allons vendre les deux arpents de terre que ta grand-mère possède  au camp des Embrevâtes répondit-il « Tu vois bien que ta grand-mère est vieille et bien malade, ces terres, en vérité, ne rapportent pas grand chose. La plantation de la canne à sucre nécessite du temps et de l’entretien. Depuis que ta grand’mère ne s’en occupe plus, personne ne semble intéressé ! La plantation n’a jamais été notre fort. Ta grand’mère est d’accord de le vendre et de partager la somme entre les cinq héritiers, ton oncle, tes tantes et moi-même.

— Nous avons acquéreurs jusqu’à quinze mille roupies les deux arpents, cela fait trois mille roupies par héritier et ta tante me donnera sa part pour le mariage. Avec six mille roupies, je ne vois pas comment ce mariage ne pourrait pas se faire!  Mis à part les bijoux de la mariée qui vont représenter un coût important, le reste de l’héritage doit me permettre de supporter les autres frais liés à la cérémonie. 

— Dois-je comprendre que l’on est en train de vendre ces terres pour  me marier ?  demandai-je avec étonnement.

 — Absolument pas ! Que tu te marie ou pas, on a décidé de les vendre, mais moi je suis en train de saisir cette occasion là pour accomplir un devoir que ta mère et moi-même chérissons depuis toujours. Avant que cet argent ne me file entre les doigts, comme cela est arrivé à plusieurs reprises au cours de mon existence, j’aimerais de grand cœur l’utiliser pour célébrer ton mariage. Maintenant que tu es au courant de la situation tu pourras librement te décider sans que personne ne t’influence. Mais essaie de me donner ta réponse dans les meilleurs délais afin que je me prépare à faire le nécessaire.

Je n’eus pas besoin de réfléchir davantage lorsque l’idée de mon mariage vint à trouver une solution sur le plan financier déjà elle était gravée dans ma mémoire et dans mon cœur. Je fus pris d’une telle sensation de joie que, comme  dans un rêve, se dissipaient subitement tous les tourments qui m’assaillaient, me tourmentaient, m’obsédaient et m’empêchaient d’envisager cette union à laquelle pourtant me portaient tous mes désirs.

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 30...

28 Mars 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 30

28 Mars 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 

Dans l’après-midi, j’étais allé rejoindre ma cousine chez sa sœur derrière la cathédrale et, après être resté jusqu'à fort tard sans trouver l’occasion de lui parler, je les quittai en les invitant à la maison le dimanche prochain.

Ma cousine s’était montrée quelque peu réservée à mon égard et je n’avais, pour ma part, moi non plus, pu lui démontrer la joie qui inondait mon cœur en la voyant !

Elle s’était embellie et représentait vraiment la grâce féminine dans toute sa splendeur. Il y avait sur son visage comme des étincelles et ses yeux brillaient de mille feux qui irradiaient d’intelligence si bien que je me dis que, si à l’avenir, sans lui forcer la main, je renouais avec elle, j’aurais à me montrer particulièrement brillant et attentionné.

Sa présence dans l’ile semblait m’indiquer qu’elle s’intéressait toujours à moi et qu’il existait encore chez elle un sentiment mais qu’elle tenait à s’assurer que mon amour pour elle était particulièrement fort et intact.

Nous étions en fait deux fortes têtes, moi  particulièrement ! Devinant par ses réactions où elle voulait en venir, j’y répondis par orgueil et par révolte en appliquant les mêmes apparences de regards froids et indifférents ! Nous nous imposions un conflit qui bouleversait notre existence et nous rendait malheureux.

 

J’avais profité de ce moment de réconciliation pour connaître les sentiments profonds de ma cousine à mon égard. Encore un peu sceptique et pas encore très assuré de la force de nos sentiments après cet intermède mais, je savais toutefois que, parmi les jeunes filles que j’avais rencontrées, seule  ma cousine était vraiment la femme avec laquelle je voulais vivre le reste de  mon existence.

Cette rupture dans notre liaison n’était qu’une épreuve que nous venions de traverser et laquelle nous avait donné tout le temps de réfléchir sur notre avenir.

Pendant que nous nous occupions à panser nos plaies lors de nos rencontres fréquentes, nos parents avaient convenu, sans nous concerter, de nous marier dans les prochains jours.

J’appris cette nouvelle avec beaucoup d’étonnement puisqu’autant que je sache, je ne m’étais pas encore préparé à célébrer un évènement d’une telle envergure et d’une telle importance en si peu de temps.

D’ailleurs le maigre salaire que je touchai à la fin du mois m’inquiétait beaucoup et je doutais de pouvoir entretenir un ménage et surtout de pouvoir offrir à ma jeune épouse une existence aussi confortable que celle qu’elle avait chez ses parents ! En vérité, je n’avais nulle intention de me marier sitôt déjà dans trois mois I

Un mariage généralement nécessite une certaine préparation et surtout la prévision d’un budget non négligeable pour les festivités ; or, je n’avais absolument rien économisé et la situation financière de mon père à cette époque était déplorable.

Comme je vivais encore chez mes parents, en fin de mois, je leur remettais une grosse partie de mon salaire pour les dépenses de la maison. Ce qui me restait était tout juste de quoi payer mes menues dépenses, ce qui fait que je n’avais pas la possibilité d’épargner !

A juger de cette situation, comment à l’époque pouvais- je avoir l’envie de me marier ?

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 29

27 Mars 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 

L’année où je suis entré au Gouvernement, une forte inflation venait ébranler l’économie de l’ile et perturbait les budgets des consommateurs. La baisse du pouvoir d’achat et les hausses de prix obligèrent le Gouvernement à prendre des mesures draconiennes pour redresser la situation. Plusieurs systèmes furent élaborés, des lois décrétées pour apporter des améliorations de vie.

Ma cousine et moi-même, nous nous sommes abîmés chacun de notre côté au fond d’un gouffre. Je n’avais reçu aucune nouvelle de sa part depuis si longtemps que je n’avais aucune idée de ce qu’elle avait pu devenir, alors que bien des changements s’effectuaient dans ma vie.

Je pensais tout de même à elle de temps en temps, en reconnaissant comme étant le seul à être blâmé, tant le ton dont je m’étais permis pour lui écrire avait été dur, sec quelque temps avant que nous décidâmes de ne plus correspondre!

Une envie terrible me prenait parfois de vouloir rompre ce silence si pénible dans certains moments où j’aurais voulu me confier. Un sentiment d’orgueil me retenait et m’empêchait d’agir !

Un jour, alors que je rentrais de mon travail, je rencontrai en chemin un cousin lointain qui m’apprit que ma cousine était à Maurice et qu’elle avait débarqué, le matin même, au quai où il l’avait aperçue accompagnée de sa grande sœur et de son beau-frère.

Cela  produisit en moi une vraie surprise et fis renaître des émotions que je parvenais difficilement à contenir. Je fus pris d’une terrible envie d’aller la voir, ne serait-ce que pour m’assurer qu’elle se trouvait réellement dans l’ile. Mais quel visage avais-je à lui montrer, après tout nous étions brouillés.

Qu’importe, pensai-je. Je n’avais pas fait si grand mal qu’elle puisse éprouver à mon égard du mépris.  Et, si elle ne m’aimait plus, après tout, je n’avais plus qu’à retourner tranquillement dans mon coin pour continuer ma vie.

D’ailleurs, mon intention n’était nullement d’aller m’excuser ni d’aller la supplier. A supposer qu’elle ait trouvé mieux ailleurs, je comprendrais qu’il me faille cesser de la poursuivre.

Je savais qu’elle devait se rendre chez un parent. A quelque temps de là ma tante de Pamplemousses m’avait demandé de passer prendre une commission dès que j’aurais un peu de temps. J’imaginais que c’était le bon prétexte de passer chez ce parent et me donner ainsi l’occasion de rencontrer ma cousine si elle s’y trouvait, lui faisant à mon tour une surprise.

Mais, le temps était couvert, il commençait à se faire tard et je décidai de rentrer à la maison où elle devait venir me rendre visite si elle tenait encore à moi.

Je l’avais attendue fort tard le soir, sans en souffler mot à mes parents, feignant une totale indifférence.  Ce ne fut que le lendemain, alors que j’attendais le bus, que je la vis paraître avec ses parents en voiture. Elle portait une perruque couleur châtain dont les mèches droites lui tombaient sur le front et les épaules en courbant légèrement. Elle était radieuse et m’avait jeté un regard de défi avant que je ne la quitte pour me rendre au travail. 

C’était un samedi. Ordinairement, les bureaux étaient fermés mais il y avait une permanence qui exigeait la présence d’un personnel le matin seulement.

Nous étions sept personnes dans ma section  et nous effectuions, chacun son tour, cette prestation. C’était mon tour et je n’avais aucune raison de m’abstenir.

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Un jour comme les autres de Paul Colize...

27 Mars 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 28...

26 Mars 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 28

26 Mars 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 

Après deux années entières passées dans l’enseignement, je reçus une proposition du Prime Minister’s Office pour un poste de Clerical Officer au Ministère de la Santé. Quitter le collège me peinait car j’y avais passé les deux plus belles années de ma carrière.

C’est avec beaucoup d’émotion que je me séparai des élèves auxquels je m’étais attachés et de mes collègues auxquels je m’étais habitué et que je n’aurais plus l’occasion de revoir après.

Je laissais derrière moi un rêve qui me revenait sans cesse à la mémoire et m’emplissait d’une joie indicible en revivant les beaux moments que j’avais vécus aussi bien avec mes collègues qu’avec mes élèves, dont j’ai revu certains au hasard.

L’enseignement a toujours été une de mes professions favorites et ce temps est tellement imprégné dans ma mémoire que les images continuent à défiler devant mes yeux. En outre, j’avoue, qu’en même temps que j’enseignais aux autres, j’apprenais énormément de choses qui m’aidèrent dans ma vie courante. En délaissant l’éducation et mon passionnant métier de professeur, je me demandais si je n’avais pas tort et que j’allais bientôt regretter ma décision mais j’étais tenté par l’emploi qu’on m’offrait, emploi plus rassurant et mieux payé.

Je réalisai de suite le monde de différence entre travailler dans un bureau ou une salle de classe. Entre s’asseoir derrière un bureau et se tenir devant des élèves pour les instruire, constater leurs progrès et contrôler leurs devoirs; entre enfermer son esprit entre quatre murs et l’exercer au profit d’élèves, stimuler les jeunes dans une classe. J’étais comme un poisson privé de l’eau du lac, qui jouissait de la liberté d’exercer toutes ses capacités pour être mis dans un aquarium exigu où tout est limité ! 

J’intégrai la section ‘Registry’ qui se composait de plusieurs autres Clericals Assistants et un ou deux Clerical Officer qui devinrent plus tard mes collègues. Le Registrar était Monsieur Alphonse, un homme âgé et bien aimable. J’étais l’assistant d’une collègue musulmane, elle aussi très agréable avec moi. Elle me guidait dans mon travail qui consistait à réceptionner le courrier et le classer dans des dossiers en respectant les règles déjà établies.  

Le « Registry » ne représente à mes yeux aujourd’hui qu’une section banale de l’empire que représente en quelque sorte le Ministère de la Santé.

Je trouvais énormément d’occasions de parcourir, en tant que personnel de l’établissement, d’autres sections plutôt administratives du Ministère.

Je pus établir des rapports, dans de rares occasions, avec des fonctionnaires haut placés, sauf avec M. le Ministre que je pus apercevoir une ou deux fois à la rigueur.

Au collège, j’avais appris à diriger, commander, faire obéir, prendre des initiatives, écouter, corriger; au bureau j’apprenais à obéir, à me soumettre, à écouter. J’avais moins de responsabilités et ne me souciais pas pour le travail.

Cette façon de fonctionner changeait mes habitudes, ma conception d’un travail valorisant et faisait de moi un homme satisfait du peu de son travail. Les ambitions que j’avais nourries se volatilisaient et je ne faisais plus d’espoir, du côté de mon travail, d’y retrouver la passion, comme dans l’enseignement. Je tuais en moi tous mes désirs de vocations et laissais s’égrener les jours, sans enthousiasme, en me livrant aux activités que mon cercle de vie m’offrait.

Je ne faisais que débuter dans une carrière dont les promotions sont liées, non à la qualité de la personne, mais à son temps de service !

Les employés du Gouvernement reçoivent généralement le tribut de leurs parents, le respect de leurs voisins, de leurs amis, la confiance des gens.

L’objectif de tous les Mauriciens est d’avoir un emploi stable et rassurant.

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 27...

25 Mars 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 27

25 Mars 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 

Je remettais les trois quarts de mon salaire à mes parents et gardais le reste pour mes trajets et mes sorties avec mes amis dont la plupart travaillaient. Cet argent nous permettait les fréquentations des restaurants, des excursions et des pique-niques. Nos fréquents déplacements nous poussèrent à rechercher, pour limiter nos dépenses, des personnes propriétaires de voitures qui pourraient se joindre à nous et avec lesquels nous pouvions organiser des sorties.

Nous avions formé un moment le projet d’acheter une vieille voiture qu’une connaissance voulait bien nous vendre. Nous nous associâmes pour cet achat de sept cents roupies facilité par un crédit avec un acompte de quatre cents roupies et trois mensualités de cent roupies.

Cependant, comme aucun d’entre-nous ne possédait de permis de conduire, nous arrivions toujours à trouver quelqu’un pour prendre le volant quand nous allions nous promener le dimanche et nous avons réussi tous à apprendre à conduire sur cette voiture. Je fus le premier à obtenir mon permis; mes amis l’eurent assez vite, de sorte qu’il ne manquait plus de chauffeur. Quant à l’entretien du vieux véhicule, un ami était chargé d’en prendre soin.

Il y eut en ce temps de telles périodes où ma cousine et moi n’échangions plus de lettres ou entrecoupées de temps très longs que nous pouvions redouter la rupture totale ! Nous ne nous donnions aucun signe de vie et chacun s’isolait de son côté pour panser une plaie que nous avions, par notre comportement, créée et qui en fait nous dévorait de l’intérieur. 

Avant de cesser de nous écrire, nous nous déchirâmes le cœur par des paroles insidieuses que nos jalousies, nos doutes, nos colères, nos exaspérations, nos désespoirs nous poussaient à commettre. Nos déchirements soulageaient beaucoup de cœurs qui n’approuvaient pas notre liaison.

Cet intermède dans ma vie amoureuse m’incita à m’intéresser de près à une jeune collégienne que j’avais aperçue à tout hasard à Port–Louis mais que déjà je passais beaucoup de temps à rechercher, simplement pour la regarder car rien de sérieux ne se passait entre nous par la suite. Je ne l’avais rencontrée que deux ou trois fois dans le bus sans que nous nous soyons dit  grand-chose. Mes hésitations à aller à sa rencontre ainsi que les efforts qu’elle faisait pour m'éviter mirent fin à cette éventuelle aventure.

Je découvris par là que mon cœur était profondément attaché à ma cousine et que malgré le mutisme que je lui réservais, mes sentiments n’avaient pas changé à son égard.

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 26...

22 Mars 2019 , Rédigé par kader rawat

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