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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 22...

26 Février 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 22

26 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

Une nouvelle ère débutait  pour moi au moment  où je commençai à travailler au collège. J’avoue que, même à l’âge de vingt-deux ans, alors que je débutais dans l’enseignement, je n’avais absolument aucune notion dans l’art d’enseigner. Mais j’avais toujours eu pour habitude de m’accrocher comme je pouvais à toutes les chances qui se présentaient à ma portée au cours de mon existence.

Je m’étais suffisamment préparé pour pouvoir entretenir bien des choses qui pouvaient intéresser une classe. Je me débrouillais assez bien en français aussi bien qu’en anglais pour n’éprouver aucune crainte, aucune hésitation quand je m’adressais aux élèves.

Cette assurance de maîtriser mon langage devant une trentaine d’élèves qui m’écoutaient avec beaucoup d’attention me donna une confiance absolue et confirmait l’intérêt que je portais à l’enseignement et aussi les avantages que je pouvais espérer dans les jours à venir.

Je prenais la précaution de bien préparer à la maison les sujets que j’avais à traiter en classe afin de donner de moi-même une opinion favorable au regard des élèves qui se montraient très attentifs.

0n venait d’introduire dans les classes moyennes les mathématiques modernes et, bien que, pendant mes études, je ne les avais pas au programme, je prenais soin de me renseigner et de parvenir à un niveau avancé afin de maîtriser à fond cette matière. Imaginez un peu l’effort que je devais fournir pour parvenir à partager ma compétence !

Je pensais beaucoup au temps que j’avais passé à me débattre avec les problèmes d’arithmétique,  d’algèbre, de géométrie, de trigonométrie dans les livres de Durell et Hall and Steven qui malheureusement n’étaient plus d'usage. J'avais tellement utilisé ces livres pendant mes études que je connaissais par cœur où trouver les pages exactes de certains exercices.

 A quelques années d’intervalle, le système d’éducation avait complètement changé et l’introduction de nouvelles méthodes dans les établissements secondaires annonçait les changements et les progrès de l’esprit scientifique.

Les générations prochaines étaient remplies de promesses surtout faites aux jeunes élèves qui verraient s’ouvrir bien des portes dans un proche avenir.

L’éducation des enfants a toujours été une nécessité. De plus en plus de parents, heureusement, commençaient à comprendre que, sans une bonne éducation, un enfant ne pourra jamais remplir ses responsabilités plus tard quand il sera adulte et confronté seul à son existence.

L’importance de l’éducation d’un enfant, de l’instruction, est essentielle pour le préparer à entrer dans le monde où tout lui sera plus aisé, lui évitera beaucoup de malheurs, de calamités qui gâchent une vie.

Personne n’est à l’abri des tourments, de la misère, de tout ce qui existe de plus vil, mesquin, répugnant dans un monde où la corruption est en train de se propager rapidement, d’envahir les lieux les plus sacrés.

Quand je me trouvai devant bon nombre de mes élèves qui composaient une classe, je n’eus aucune peine à lire au travers des visages innocents encore de tout un chacun les traits qui les caractérisaient et qui démontraient déjà leur degré d’intelligence.

Mon rôle tout d’abord, je le savais avant d’enseigner, était de les comprendre, d’apprendre à les connaître, de manière à estimer leur capacité d’assimilation ; la tâche la plus importante pour moi était de cerner le caractère de chacun. Je considérais cela comme étant la base même de tous les rapports que nous lierions dans les jours à venir. C’était primordial et tous les résultats en dépendaient énormément. Maître et élèves devront entretenir des relations étroites pour que la confiance puisse s’établir, pour que les complexes se dissipent et pour que l’harmonie règnent et invitent à la compréhension, l’admiration, le respect, l’obéissance, l’intérêt.

Le but de l’enseignement généralement est d’aider les élèves dans les tâches qu’ils ont à accomplir dans leurs études, de leur transmettre un savoir dans la matière concernée, de manière à ce que le sujet exposé soit bien compris de tous et notamment des plus faibles. C’était avec ce genre de réflexion que j’abordais chaque classe. C’était partout les mêmes problèmes et le principe ne devait pas changer.

Pour que, dans l’esprit des élèves, il n’y ait pas de doute quant à la prééminence du professeur et pour que celui-ci leur laisse une forte impression, il faut bien sur, afficher une personnalité assurée.

Que ce soit dans la cour de l’école ou en classe, il n’y a qu’une place pour le maître qui doit s’imposer à leurs yeux, tant par son langage, sa tenue, son aspect soigné et sa présence. Tous ces éléments doivent, s’ils sont perçus, forcer au respect.

Il n’est tout de même pas facile de se faire aimer, obéir, respecter par tout le monde.

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 21...

25 Février 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 21

25 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

Avant d’obtenir mon résultat de la School Certificate, j’avais payé, par précaution, l'inscription pour l’examen de General Certificate of Education qui devait avoir lieu au mois de juin 1970. Comme mon résultat était bon, je n’avais pas voulu me forcer dans mes études pour aborder cet examen.

J’avais quand même obtenu un résultat fort intéressant avec grade A en Dessin et Français, grade C en Histoire et E en Mathématiques. Un grade 2 en School Certificate et 4 sujets de G.C.E. valaient tout de même quelque chose à l’époque dont je parle et je croyais donc avoir mes chances dans l’avenir.

Un travail convenable ne se trouve généralement pas vite. Dorénavant, j’adressais mes demandes d’emploi à la Public Service Commission à chaque fois qu’une annonce paraissait dans le journal.

Je complétais les dossiers, passais des interviews sans qu’aucune bonne nouvelle ne me parvienne. Je n’imaginais pas que pour obtenir un emploi, il faille attendre si longtemps !

Mes parents me conseillaient d’aller voir des personnalités hauts placées qui pourraient  m’obtenir une recommandation afin d’avoir un bon poste dans les meilleurs délais. J’avais en horreur ce genre de pratique et je préférais demeurer chômeur qu’aller cogner à la porte des gens pour obtenir des faveurs. Pourtant, c’était une chose tout à fait courante à l’époque. Le favoritisme était une maladie contagieuse et bon nombre de personnes avaient recours à ces passe-droits ! J’estime que chacun devait avoir sa chance de réussir et d’obtenir ce qu’il mérite selon ses désirs. N’avoir pas fait grand chose pour réussir et se voir récompenser par l’influence et le pouvoir d’un tiers n’était pas vraiment juste et équitable.

L’essence de mes succès qui, au début, me permettait d’élaborer de grands projets s’évanouissait, se heurtait contre les obstacles, ajoutant d’un jour à l’autre plus de déception que la veille.

Malgré l’estime de bien des parents qui entrevoyaient, au travers de ma réussite, de bons augures et qui m’encourageaient et d’autre part, l’estime de mes amis qui s’étonnaient de cette performance inattendue, je n’étais pas satisfait de moi. De là me vint la résolution qu’il me fallait continuer mes études plus loin encore même s’il fallait consentir plus de sacrifices. J’avais abandonné l’idée de quitter mon Île pour l’amour que j’éprouvais pour ma cousine.

Un évènement d’une relative importance mérite d’être cité ici : j’appris, à tout hasard,  que des parents se préparaient à demander la main de ma cousine pour un cousin. Cela me rendit triste et je restai sonné, emmuré dans mon silence, je suivais l’évolution de la situation dans une immense désolation sans toutefois me permettre une seule fois d’intervenir.

Voulait-on mettre notre amour à l’épreuve ? Tout le monde savait que nous nous aimions.

Ma vie sentimentale était toujours perturbée par les mauvais tours que certaines personnes prenaient autant de plaisir à nous jouer pour entraver notre relation.

Je gardais mon calme en laissant faire le temps.

Les moments de joie et de tristesse se succédaient.

Quelques jours avant la fin de l’année, je me rendis dans plusieurs collèges, muni de mes certificats, pour déposer une demande d’emploi. Je me souviens très bien être allé au College N. de Plaine des Papayes et d’avoir rencontré le Directeur de l’établissement qui m’avait accueilli avec beaucoup de considération et quand je l’eus mis au courant des motifs de ma visite, il me fit comprendre de faire ma demande par écrit.

Le problème devait être vite résolu. Je lui demandai l’autorisation de rester quelques minutes dans son bureau et, après m’être procuré du papier et de quoi écrire, je rédigeai sur place ma lettre de demande d’emploi. Cette demande était enfin la bonne car, dès le mois de Février de l’année suivante, ce devait être 1971, je reçus une lettre de cet établissement m’invitant à me présenter dans les meilleurs délais.

Je pris mes fonctions un Vendredi après-midi.  Le Directeur me demanda si je consentais à prendre le poste de professeur de Mathématiques et de Dessin, et me présenta à mes élèves.

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 20...

23 Février 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 20

23 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 
Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

Cependant, l’amour que j’éprouvais pour elle m’incitait à agir avec prudence.

J’étais déjà dans ma vingtième année et accusais des retards considérables qu’il me fallait combler dans un temps limité.

Entretemps, mon père affrontait un moment  difficile de sa vie. La rentabilité de sa boutique chutait très fort, venant menacer de faillite son commerce d’alimentation.

La boutique se vidait de manière catastrophique: les balles de riz, de la farine, le sucre, les grains disparaissaient du stock. Les barils d’huile, de pétrole, les conserves sur les étagères, les divers articles dans les vitrines diminuaient à vue d’œil, annonçant la fermeture de son outil de travail !

Mon père avait connu de périodes florissantes, mais maintenant, le mauvais sort s’abattait sur lui. 

La raison de cette crise ne s’explique que par le fait que les dépenses liées à l’entretien de notre  famille dépassaient les bénéfices que lui rapportait son commerce.

Notre famille était une famille nombreuse et je me souviens du temps où nous vivions dans le faste, la plénitude, une vie qui s’évanouissait comme un rêve perdu.

Il y eut dans notre village beaucoup de transformations.

Rester solidaires entre gens de notre communauté faisait partie du caractère naturel des habitants de mon Île. Nous avons toujours appris à réunir nos forces en nous regroupant.

La politique aussi bien que la religion influençaient l’esprit du peuple. Le sentiment communaliste est enraciné dans le cœur de tout un chacun et ne se révèle que dans de rares occasions.

Que ce soit au niveau politique, ethnique ou religieux, il est difficile d’ébranler l’esprit du peuple dans lequel fut inculquée l’unique façon dont ils étaient liés, attachés. 

C’était le sentiment profond de cette espèce qui attribuait aux personnes leurs valeurs réelles. Isolé chacun dans sa communauté par des penchants fidèles et sincères, la nation mauricienne cohabitait avec bonheur, sérénité et paix.

Des maisons en paille qui se trouvaient en bordure des sentiers ou dans les profondeurs des champs disparurent et furent remplacées par des bâtiments en dur.

C’étaient les premiers signes du progrès et de la prospérité. La majorité des habitants de ces villages étaient des prolétaires qui dépendaient de leur maigre salaire hebdomadaire pour subsister. Des familles toutes entières s’entraidaient pour l’achat de parcelles de terres et même pour bâtir de leurs mains leurs propres habitations. Le peuple avait une volonté ferme d’avancement, de progrès.

Alors que j’assistais avec désolation à l’effondrement du commerce de mon père, je me vengeais de cette malédiction sur ma famille par une rage de travailler dur et un accroissement de mes heures d’études, à l’approche de l’examen.

Heureusement, nous n’étions pas perdus car ma mère avait des ressources provenant de l’héritage de son père et, jusqu’à ce que son mari rétablisse sa situation, ils durent puiser dans leurs économies et furent dans l’obligation de modérer leurs dépenses.

J’arrivais à la période la plus importante de ma vie scolaire.

Je me voyais face à un dilemme que je n’étais pas seul à affronter.

A peine avais-je franchi l’étape de l’examen que je découvrais l’énorme tâche que l’avenir m’invitait à accomplir.

Mon père se débattait comme il le pouvait dans le labyrinthe de ses problèmes. Sa situation me faisait comprendre que je ne pouvais rien attendre de lui et qu’il faudrait que, de mon côté, je me débrouille seul.

J’attendais le résultat de mon examen; le temps s’écoulait lentement et il fallait que je me armais de patience.

Ma tante de la Réunion qui était en vacances chez nous me proposa de l'accompagner dans son Île pour me permettre de me reposer. J’étais très inquiet et paraissais très fatigué. C’était tout naturel, après de telles périodes, que des altérations surviennent dans nos sentiments et notre physionomie.

Malgré mes tourments et mes craintes, j’éprouvais une joie ineffable d’aller retrouver ma cousine à la Réunion.

Ce voyage décidé à l’improviste, je n’eus pas l’occasion de la surprendre en débarquant à l’aérogare de Gillot sans qu’elle s’y attende.

Je passai d’agréables moments avec ma cousine quand je reçus un courrier de mon père m’apprenant ma réussite à l’examen !

J’exultais de joie. Je me hâtai de rentrer à la maison pour préparer mon avenir.

J’occupais mes heures creuses en composant des pages que je trouvais superbes à destination de l’élue de mon cœur à laquelle je vouais un amour brûlant et sincère

 Je parlais longuement dans mes lettres des tourments et de la passion qui s’étaient installés dans mon cœur, de la souffrance que la séparation imposait et de la peur de la perdre à jamais. Je  noyais mes pensées tristes dans des lectures interminables. Ma seule consolation était l’arrivée de la lettre tant attendue, que je lisais tant de fois que je la connaissais par cœur !

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 19...

22 Février 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 19

22 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

Les journaux publiaient des annonces des cours par correspondance et mon père attira mon attention sur leurs intérêts; leurs avantages étaient multiples; ils étaient moins onéreux que les leçons particulières et me permettraient d’en programmer mes journées d'études moi-même. Je recevrais les cours d’une année entière et il m’était loisible d’échelonner l’étude à mon rythme. Je pourrais ainsi m’organiser au mieux. 

Les démarches effectuées auprès des instituts anglais furent menées diligemment et un mois plus tard, tous mes cours d’histoire, de dessin, de mathématiques, de littérature anglaise étaient sur mon bureau.

Je me procurai également à la librairie Nalanda de Port-Louis quelques 'Minerva Guide' qui me servaient de supports pour les dissertations, particulièrement dans la littérature anglaise qui nécessite une étude profonde des textes en prose et en vers.

Great Expectations de Charles Dickens était justement au programme.

Great Expectations était très volumineux et je me demandais si je réussirais à le terminer à temps. Pourtant, il n’y avait pas autre chose à faire que lire et comprendre. La lecture était déjà une passion pour moi et je savais que le problème n’existerait pas si j’y consacrais suffisamment de temps pour ce sujet passionnant et important, sentiments renforcés par le fait que je voyais mes efforts récompensés par des progrès considérables dans la langue anglaise.

L’autre texte était Julius Caesar de Shakespeare que j’avais étudié l’année précédente.

Je n’avais nulle intention d’échouer.

J’avais une confiance absolue en ma capacité d'organiser chaque jour ma journée de travail, d’abord par une prise en compte de la totalité du travail à répartir sur le temps disponible, ensuite en déterminant des horaires stricts qui ne souffraient aucun retard et qui tenait compte des volumes de chaque matière.

Le matin, vers six heures, juste après le petit déjeuner, je consacrais une heure pour l’histoire et trois heures pour les mathématiques. L’après-midi, à 13 heures, je reprenais l’anglais, le français et la littérature à raison d’une heure quinze minutes pour chacun des sujets. De dix sept heures à vingt heures, temps libre; je renouais avec mon milieu familial et mes amis. Enfin, avant de me coucher, je lisais d’abord Religious Knowledge, ensuite d’autres livres de littérature générale jusqu’à ce que le sommeil me prenne. Le samedi était réservé au dessin, dans l’après-midi, à raison de quatre heures d'affilées. Le dimanche était mon jour de repos et, dès neuf heures, je rencontrais mes amis et, en se promenant le long de la route, nous bavardions et organisions notre emploi du temps de l’après-midi.

Quand je remémore maintenant les longues heures de travail passées dans mes études, je peux assurer que les sacrifices consentis pendant cette période ont certes été les plus importants de mon existence.

La volonté tenace avec laquelle je m’acharnais dans ce travail long et difficile, et l’ambition que je gardais au fond de moi, de réussir, me tenaillaient et me procuraient une énergie, une force, une résistance que je ne soupçonnais pas.

Je n’avais pas encore imaginé de quoi serait fait mon avenir, sinon que cet avenir ne pourrait pas se passer ici, dans cette Île, car même titulaire de très hauts diplômes, d’excellents certificats, pas de perspectives intéressantes sur mon ile.

Beaucoup d’étudiants partaient poursuivre leurs études à l'étranger, afin d’être admis au poste d'aide infirmier ou autres métiers en Angleterre ou ailleurs. C’était le moyen le plus courant en ce temps là, pour nous les jeunes, de voir s’ouvrir d’autres horizons, d’autres espérances, une autre vie qui, à nos regards, nous semblaient légitimes d’aspirer.

Je ne différais pas des autres de mon âge et cette façon d’envisager mon futur me semblait de plus rassurant.

Cependant, il fallait quitter son Île natale, s’arracher à sa famille, affronter une vie nouvelle dans des régions lointaines, vivre avec d’autres repères sociaux, affectifs et bien d’autres facteurs inconnus encore mais qui nous préoccupaient malgré tout.

J’avais déjà postulé auprès de différents hôpitaux anglais pour obtenir un poste d'infirmier. J’avais aussi une possibilité de partir au Canada, mais cela me paraissait si loin et me faisait réfléchir !

Je tenais au courant de toutes mes démarches ma chère cousine à laquelle j’étais maintenant lié par des promesses amoureuses mais elle semblait craindre de me perdre définitivement si mon intention était vraiment de quitter le pays.

Pourquoi ne pas choisir la France ? m’écrivait-elle, où j’aurai la chance de pouvoir venir te rejoindre, qui sait, si moi aussi je devrais poursuivre mes études supérieures ? 

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 18...

21 Février 2019 , Rédigé par kader rawat

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DE SI LOINTAINS SOUVENIRS 18

21 Février 2019 , Rédigé par Kader Rawat

 
Un extrait de mon autobiographie 'Le bon vieux temps'.

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Je rencontrais régulièrement les après-midis mes amis auxquels je parlais de mes préoccupations, de mes sentiments envers ma cousine, et de l’amour que je ressentais pour elle.

Je consacrais beaucoup de temps à écrire de longues lettres d’amour à celle qui occupait toutes mes pensées et que j’avais rencontrée à nouveau lors d’un séjour d’un mois qu’elle fit à sa sœur à Port-Louis. Je lui confiais mes réflexions sur ce monde, mes aspirations, mes objectifs, mes activités. Je remplissais sans peine de nombreuses pages blanches des idées qui me sortaient machinalement de la tête, inspirées de l’amour que je vouais pour elle.

Cette constante alimentation de mon esprit par des lectures assidues éveillait en moi de mystérieux pressentiments. Ma curiosité me poussait à rechercher bien souvent dans le fond des choses les raisons des dysfonctionnements, m’incitait  à analyser les faits qui représentaient une signification dans mon existence.

Mes jugements, face à d’innombrables situations singulières, m’ont permis d’acquérir une certaine expérience qui allait me servir plus tard, quand je me trouverais seul à affronter ce monde et tous ses déboires.

Je me voyais enlisé au sein de la société au moment où j’étais responsable de mes actes, m’attirant des regards réprobateurs qui semblaient m’accuser des torts que j’étais supposé en train de faire.

Je sentais déjà que je m’éloignais de l’adolescence et commençais à devenir un homme qui devait assumer ses responsabilités, qui avait des comptes à rendre non plus à ses parents mais à la société, qui se sentait très concerné par ses moindres mouvements.

Je devais me montrer bien habile afin d’éviter de froisser les personnes de mon entourage. La prudence était devenue ma principale obsession, afin de me frayer un chemin sans heurter personne dans mon environnement.

Peut-on plaire à tout le monde à la fois si on veut vivre sa vie selon ses désirs ? Non, l’être humain est trop faible pour trouver d’équité dans les sentiments. C’est un aspect qui ne changera jamais.

Je n’avais pas reçu de très bons résultats la première fois que je passais la School Certificate. Mon collège ne m’avait pas sélectionné pour cet examen parce que mon niveau était trop bas et que je n’étais pas prêt.

Cependant je possédais le Qualifying Test, Certificat que j’avais obtenu et qui m’autorisait à prendre part à l’examen en tant que candidat privé. Je persuadais mon père de me laisser m'inscrire pour l’examen. J’avais repéré dans le journal l’annonce qui invitait les candidats intéressés à se présenter au Ministère de l’Education pour l’inscription.

L’examen aurait lieu quelques mois plus tard, ce qui me laissait assez de temps pour me préparer pour l’aborder avec un maximum de chances de réussir. Je me fiais beaucoup à tout ce qui m’avait été enseigné au collège. Je savais qu'il me faillait faire plus. J'avais besoin de prendre de leçons particulières dans certaines matières pour me sentir en sécurité au niveau de la réussite finale.

J’apprenais comme je pouvais, sans trop me forcer pour obtenir un résultat qui me faisait beaucoup réfléchir et qui m’aidait, en même temps, à choisir les sujets que je maîtrisais le mieux et que je jugeais être capable d’étudier  tout seul. J’avais déjà lancé un défi à la vie en voulant  poursuivre mes études à la campagne. Le moment crucial était venu de relever ce défi !

Je ne voulais plus fréquenter le collège bien qu’à cette décision mon père s’imagina que je ne voulais plus poursuivre mes études ! Il se mit alors à m’encourager et à me faire la morale.

Je le rassurai bien vite en lui disant le plus sincèrement possible que je n’avais jamais aussi intensément ressenti le désir de réussir, à ce moment où je venais de connaître un échec.

J’avais la certitude de pouvoir très bien me débrouiller seul, si je m’organisais et me montrais consciencieux dans mon travail.

Je sélectionnais très soigneusement les sept matières susceptibles à me donner les meilleures chances de réussite.

Ces sujets étaient : l’Anglais, le Français, les Mathématiques, l’Histoire, la Littérature anglaise, le Dessin et la Connaissance Réligieuse.

Pour réussir, il me faudrait avoir la moyenne dans au moins six sujets, l’anglais inclu. Si l'on a réussi dans toutes les matières et que l'on a failli en anglais, cela veut dire qu'on n'a pas réussi son examen. C'était le réglement.

Je courais donc un gros risque si je me préparais mal dans cette branche. Je manquais trop de confiance en moi pour aborder seul cette matière, il me faudrait un professeur.

J’en parlais à mon père qui était de même avis et je trouvais rapidement la personne à Port-Louis, par l’intermédiaire d’un camarade. Des cours par correspondance en provenance de divers instituts anglais étaient aussi pratiques que courants à cette époque.

En tous les cas, bien avant mon examen, j’étais muni des éléments nécessaires pour l’aborder, et si cette fois j’échouais, hypothèse qui ne devait pas être écartée, je demeurais le seul à en supporter les conséquences.

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